Lamia El Aaraje, cible de l'extrême gauche pour son refus des assignations identitaires
L'extrême gauche, incapable de fonctionner sans désigner constamment une figure démoniaque, a trouvé une nouvelle cible : Lamia El Aaraje. Fraîchement nommée première adjointe à la mairie de Paris par Emmanuel Grégoire, cette élue suscite la vindicte des militants radicaux. Son crime ? Être une femme de gauche, issue de l'immigration maghrébine, profondément laïque, républicaine et hostile à La France insoumise.
Une dissonance vivante qui dérange
On lui reproche moins ses actions que ce qu'elle incarne symboliquement aux yeux de ses contempteurs : une dissonance. Une dissonance vivante qui déjoue le scénario écrit dans les studios de La France insoumise. L'élue du XXe arrondissement refuse catégoriquement d'être perçue comme une « racisée » revancharde et estime que LFI n'est pas LA gauche, mais une force de fracturation de la société française.
Elle a eu l'audace de trouver « extrêmement choquant » que Jérôme Guedj et des responsables socialistes se fassent traiter de « sales sionistes ». Pour alourdir son dossier aux yeux des radicaux, elle a également soutenu Sophia Aram lorsque celle-ci a estimé que le voile n'est pas un instrument d'émancipation féminine.
Pas la « bonne » Maghrébine selon certains milieux
Lamia El Aaraje ne correspond pas à l'image que certains cercles de gauche se font de la « bonne » Maghrébine. Née au Maroc, avec un patronyme qui, selon leur logique, devrait la ranger naturellement du côté des causes validées par le militantisme radicalo-bourgeois, elle se réclame pourtant de la laïcité républicaine. Elle refuse toute indulgence envers l'antisémitisme et ne s'aligne pas sur la stratégie de polarisation permanente prônée par certains.
Comme souvent, la gauche radicale prétend défendre les minorités, mais supporte mal qu'une élue issue de ces mêmes minorités s'émancipe de la ligne prescrite. Elle célèbre les « racisés » uniquement lorsqu'ils confirment ses schémas, ses indignations et ses ennemis désignés : la police, les sionistes, les « blancs », les riches. Par paternalisme, elle somme les enfants de l'immigration, non pas d'être eux-mêmes, mais de tenir le rôle écrit pour eux.
Le piège de la catégorie « racisé »
Le terme même de « racisé » révèle sa vérité profonde. Ce n'est pas une donnée biologique, mais une catégorie idéologique, une manière de figer les individus dans une identité prescrite. Être « racisé », c'est se voir intimer une conduite, une solidarité et, in fine, une manière de voter. Lamia El Aaraje scandalise précisément parce qu'elle rompt cette clôture mentale.
Peu importe ce qu'elle dit réellement, ses détracteurs s'empressent de l'inscrire, avec Karim Bouamrane, le maire de Saint-Ouen, Kamel Daoud, Leïla Slimani ou Ferghane Azihari, dans la cartographie des « native informant ».
Des attaques venues de l'orbite mélenchoniste
Les attaques provenant de l'orbite mélenchoniste, d'Alice Coffin (qui jurait pourtant ne jamais s'en prendre à une femme politique) ou de groupuscules comme Révolution permanente sont, à cet égard, particulièrement instructives. On l'accuse d'être « liée » au collectif Nous Vivrons, de défendre l'existence d'Israël et de vouloir assimiler l'antisionisme à l'antisémitisme.
Lamia El Aaraje prouve par son parcours et ses prises de position qu'il existe une autre gauche, une gauche républicaine et laïque. Elle démontre qu'il est encore possible d'échapper aux assignations communautaristes de la « Nouvelle France » et de refuser les rôles pré-écrits par les idéologies radicales.



