Sarah Knafo pèse le pour et le contre d'une candidature à Paris pour 2026
Knafo évalue sa candidature aux municipales de Paris

Sarah Knafo face au dilemme parisien : la balance des avantages et inconvénients

Certaines personnalités politiques structurent leurs décisions autour d'une méthodique évaluation des points positifs et négatifs. Sarah Knafo, l'eurodéputée de Reconquête, appartient à cette catégorie. Avant de s'engager dans la course aux européennes aux côtés de Marion Maréchal, la conceptrice de la campagne présidentielle d'Éric Zemmour avait longuement pesé le pour et le contre. En 2024, les arguments favorables l'avaient emporté. Aujourd'hui, la perspective de mener la liste Reconquête aux municipales parisiennes de 2026 la contraint à ressortir ses fameuses colonnes d'analyse.

Les atouts d'une candidature dans la capitale

Plusieurs éléments plaident en faveur d'une candidature. D'abord, la « Knafo mania » qui s'est emparée des réseaux sociaux et d'une partie de la presse de droite offre une caisse de résonance inédite. À 32 ans, cette énarque passée par la Cour des comptes pourrait transformer ce scrutin local en véritable démonstration de sa notoriété grandissante.

Ensuite, une candidature parisienne permettrait de faire vivre Reconquête en démontrant sa capacité à rassembler un électorat aisé, de catégorie socioprofessionnelle supérieure, travaillé par des inquiétudes identitaires. Un électorat que convoite également le Rassemblement national. Réussir à fédérer ces voix sous sa bannière enverrait un message clair à Jordan Bardella et Marine Le Pen : Reconquête demeure une force politique vivante, incontournable dans toute perspective de rassemblement en vue de la présidentielle.

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Enfin, sur le plan personnel, Sarah Knafo pourrait ainsi répondre à ses détracteurs qui la caricaturent en simple « instagrameuse politique », un phénomène calibré pour les réseaux sociaux mais dépourvu de réelle capacité d'entraînement populaire. Comme le souligne un pilier de la campagne présidentielle de Zemmour : « Sarah n'a pas encore pris le coup de la proximité avec les gens, le côté campagne à la Chirac. C'est peut-être l'occasion. » Une expérience précieuse pour celle que certains imaginent déjà en prétendante à la prochaine élection présidentielle.

Les écueils et réserves à considérer

Pourtant, plusieurs proches de l'eurodéputée égrènent des réserves substantielles. « Je ne vois, en réalité, que des raisons pour qu'elle n'y aille pas », confesse l'un de ses interlocuteurs réguliers. Ces réserves s'articulent autour de trois axes principaux.

Premièrement, son image de jeune élite surdiplômée et très urbaine pourrait s'en trouver renforcée plutôt que corrigée, reproduisant ainsi l'écueil qu'avait connu Éric Zemmour durant sa campagne présidentielle.

Deuxièmement, si Sarah Knafo a su marquer les esprits sur des thématiques macroéconomiques et idéologiques nationales – baisse des dépenses publiques, souveraineté nationale, cryptomonnaies –, la gymnastique d'une élection locale axée sur la salubrité, la propreté publique ou les conditions de circulation représente un défi d'un tout autre ordre. « C'est la force de Sarah. Elle peut parler de logement, de voirie et en faire des sujets de dingue », défend Stanislas Rigault, ancien porte-parole de Reconquête, précisant qu'elle chercherait probablement à nationaliser le débat en faisant de Paris « la ville non pas des seuls Parisiens mais de tous les Français ».

Troisièmement, une candidature risquerait de diviser le camp nationaliste. Pour la première fois depuis l'élection de Jean-Marie Le Pen comme conseiller dans le 20ᵉ arrondissement en 1983, le Rassemblement national et son candidat Thierry Mariani pourraient atteindre les 10% dans la capitale et ainsi entrer au Conseil de Paris. Une perspective qui s'évaporerait avec une candidature rivale de Reconquête. Sarah Knafo pense cependant avoir trouvé la parade : « Le RN à Paris n'est pas notre sujet. Notre objectif est de faire gagner la droite et faire perdre la gauche. Au second tour, nous n'aurons aucun mal à appeler à voter pour Rachida Dati », sous-entendant que le Rassemblement national pourrait rencontrer plus de difficultés à le faire.

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Décision attendue pour le 31 décembre

Pour trancher définitivement, Sarah Knafo s'est fixé une échéance claire : le 31 décembre 2024. Cette date correspond à la finalisation – ou à l'enlisement – des discussions budgétaires à l'Assemblée nationale. La possible candidate refuse de lancer une campagne médiatiquement phagocytée par les atermoiements parlementaires. Le vote récent du projet de loi de financement de la Sécurité sociale en première lecture a néanmoins rapproché Sarah Knafo d'une décision positive. L'équilibre entre les colonnes « plus » et « moins » déterminera si Paris deviendra le nouveau terrain de conquête de cette figure montante de la droite nationale.