Guillaume Kasbarian, le libéral intégral qui bouscule la macronie
Kasbarian, le libéral qui dérange la macronie

Guillaume Kasbarian, un libéral pur jus dans le paysage politique français

Pour esquisser le portrait de Guillaume Kasbarian, reconnaissable à sa moustache et son béret, Balzac se serait sans doute fourvoyé. Adepte de la physiognomonie, l'écrivain aurait pu lui prêter des penchants anticapitalistes, le rangeant hâtivement dans la lignée d'un autre moustachu notoire : Philippe Martinez, ex-patron de la CGT.

Un libéralisme ancré dans le vécu personnel

En dépit de son look de hipster chic, Guillaume Kasbarian aime pourfendre la gauche étatiste. Lors d'un débat au Point, il récite avec application la partition du libéral pur jus : baisse de la dépense publique, refus de « taxer à tout bout de champ », alerte sur l'urgence budgétaire. Face aux arguments chiffrés du Nouveau Front populaire, il oppose son vécu : ses origines arméniennes, sa mère arrivée du Liban qui n'attendait pas « les aides de l'État » pour s'émanciper, son école de commerce payée à la sueur de son front.

Lucie Castets, agacée, lui rétorque : « Mais monsieur, vous ne pouvez pas prendre votre exemple pour tout. Vous, ça n'existe pas ! Ce qui compte, c'est la statistique. »

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Un parcours politique marqué par le libéralisme intégral

Élu député lors de la vague macroniste de 2017, cet ex-consultant du privé est séduit par Emmanuel Macron, celui des années Bercy qui veut déverrouiller l'économie. En 2007, il a voté Nicolas Sarkozy par conviction, voyant en lui celui qui « allait réformer, casser les codes ». En 2012, il élude, peu à l'aise avec la droitisation de la campagne.

« J'ai rarement vu une droite très progressiste. Moi, je ne suis pas un conservateur. Je suis un vrai libéral. Un libéral intégral », aime-t-il rappeler.

Une notoriété acquise par des réformes controversées

Durant l'été 2023, Guillaume Kasbarian acquiert une certaine notoriété grâce à l'adoption de sa loi antisquat, facilitant les expulsions et décriée par la Fondation Abbé Pierre. En février 2024, Gabriel Attal le nomme ministre du Logement. Après un bail écourté de sept mois, il est repêché par Michel Barnier pour la Fonction publique.

Au cours de ses fonctions, il tente d'appliquer ses recettes thatchériennes : fin du logement social à vie, coups de canif dans la loi SRU, rabotage des jours de carence des fonctionnaires. Une provocation pour les syndicats et la gauche.

Des relations tendues au sein de Renaissance

Redevenu simple député, Guillaume Kasbarian assiste parfois aux réunions des Panthères roses, un club libéral. Au Parlement, il tente d'imprimer sa marque idéologique sur les orientations budgétaires, en vain. « Kasbarian, c'est comme Attal : le coup de com permanent », lâche-t-on au sein de l'aile gauche de la macronie.

Malgré les milliards de dettes accumulées, il affirme n'éprouver aucune « amertume ». Il fustige un budget aux « mesures socialistes », mais finit par le voter au nom de la « stabilité ».

Des admirations qui interrogent

Guillaume Kasbarian fascine pour Elon Musk, qu'il a félicité pour lutter contre la bureaucratie. Il est charmé par « la méthode » de Donald Trump et par Javier Milei, le président argentin qui dégraisse l'État. Son panégyrique reste muet sur les dérives autoritaires de Milei.

Quand on lui demande son panthéon libéral, il cite Margaret Thatcher, Friedrich Hayek et Frédéric Bastiat. Il ne mentionne ni Tocqueville ni Raymond Aron, figures d'un libéralisme politique modéré.

Kevin Brookes, directeur du think tank Génération libre, observe : « Kasbarian est l'homme le plus libéral de la politique française, mais il souffre de solitude dans son parti. »

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