Jean-Pierre Grand met fin à un demi-siècle de politique
Jean-Pierre Grand quitte la politique après 50 ans

Jean-Pierre Grand, 75 ans, tourne définitivement la page d'un demi-siècle de vie politique après sa défaite aux élections sénatoriales, où il briguait un troisième mandat. Au lendemain de ce scrutin, celui qui fut maire de Castelnau-le-Lez pendant 34 ans, deux fois député et deux fois sénateur, reconnaît qu'il n'aurait "pas dû se représenter". Il estime que "la multiplication des candidatures de droite et du centre" n'a pas joué en sa faveur.

Un bilan sans regrets : "Je n'ai connu que du bonheur"

Ce lundi, Jean-Pierre Grand se rend à Paris pour récupérer "quelques affaires" au Palais du Luxembourg. Il dresse un bilan qui tient en une phrase : "Je n'ai connu que du bonheur !" Véritable animal politique, il a assumé toutes les fonctions électives : maire de Castelnau-le-Lez pendant 34 ans, conseiller départemental pendant 13 ans, conseiller régional pendant six ans. Ses deux mandats de député et autant de sénateur lui valent le titre de membre honoraire du parlement, avec un badge lui permettant d'accéder librement aux hémicycles. Il a même été conseiller municipal à la Cavalerie entre 1977 et 1983.

À l'heure du bilan, Jean-Pierre Grand confie : "La plus grande fierté de ma vie, c'est ce que j'ai fait à Castelnau. Tous les 500 mètres, je vois un équipement ou une réalisation." Le Kiasma et le palais des sports, qui porte le nom de son mentor Jacques Chaban-Delmas, en sont les dernières illustrations.

Un parcours marqué par Chaban-Delmas et la politique nationale

Les mauvais souvenirs ne lui reviennent pas en mémoire, si ce n'est "d'âpres combats pour les élections municipales". C'est au cabinet de Jacques Chaban-Delmas, lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, que Jean-Pierre Grand a fait ses premières armes à la fin des années 70. Tantôt chargé de mission, conseiller technique ou attaché parlementaire, le jeune Gaulliste a tout appris à ses côtés. Parmi les temps forts, il se souvient "de la venue de François Mitterrand à Castelnau".

Fidèle chiraquien, il a apporté un soutien indéfectible à Emmanuel Macron ces dernières années. Le président lui a d'ailleurs envoyé un message "très chaleureux" pour lui témoigner son "amitié" au soir de sa défaite.

Un regard pessimiste sur l'avenir politique

Gaulliste de la première heure, Jean-Pierre Grand a longtemps milité au RPR puis à l'UMP avant d'en être écarté. Considéré comme un baron de la politique locale, il a accéléré ou freiné bon nombre d'investitures. Encarté chez Horizons, le parti d'Édouard Philippe, il ne cache pas son pessimisme quant à la prochaine échéance électorale. "La plupart des grands électeurs n'ont pas d'étiquette politique. Mais une fois fermé le rideau de l'isoloir, ils sont 328 à avoir choisi le RN. C'est ce qui va se passer à la présidentielle. Le populisme et l'affairisme vont l'emporter. Ils restent au pouvoir quelque temps et puis s'en vont."

Après un dernier dîner dans la capitale, l'ancien sénateur compte profiter de son temps libre pour voyager avec sa femme, "exemplaire de présence discrète et de soutien aux autres pendant plus de quarante ans". Une nouvelle vie qui commence.