Largement réélu sénateur socialiste de l'Hérault lors des élections sénatoriales de fin septembre, Hussein Bourgi a confié à Midi Libre son absence d'euphorie face à la situation du pays. Il a été réélu avec un score de 793 voix, emmenant Julie Frêche avec lui au Palais du Luxembourg.
Une réélection marquée par la résignation
Dans la salle des fêtes d'Espondeilhan, lors de l'inauguration de la nouvelle école du village, Hussein Bourgi a poursuivi ses échanges avec les élus et les représentants associatifs, alors que les principaux officiels étaient déjà partis. Âgé de 53 ans, il a été réélu il y a près de quinze jours, un résultat qu'il relativise : « Il n'y a pas d'euphorie, ce serait indécent avec la situation que connaît le pays. »
Le sénateur, qui a grandi dans une famille française au Sénégal avec des origines libanaises, attribue sa victoire à une proximité constante avec le territoire : « Je m'inflige des obligations de moyens pour satisfaire les élus face à moi. » Il ajoute : « C'est une proximité qui n'est pas feinte. On m'a souvent dit que j'étais le dernier à rester alors que les autres officiels étaient déjà partis. »
Des relations protocolaires avec Robert Ménard
Politiquement proche du maire de Montpellier Michaël Delafosse, Hussein Bourgi entretient des liens distants avec le maire de Béziers Robert Ménard : « Je n'ai que des relations protocolaires avec lui. » Il réfute toute étiquette de Montpelliérain, précisant passer « 90 % du temps dans d'autres communes, surtout où il y a très peu d'autorité préfectorale ou de parlementaires qui viennent. »
Malgré sa réélection confortable, Hussein Bourgi s'inquiète d'une « certaine résignation chez beaucoup d'interlocuteurs qui craignent un déclassement du pays ». Il appelle les électeurs à la vigilance : « Soyez plus exigeants que par le passé en vous intéressant réellement aux programmes. Ne soyez pas séduits par des idées simplistes. » Il conclut : « On a besoin d'une femme ou d'un homme d'État qui fixe un cap clair à la France des 20 prochaines années. »
Ses coups de cœur personnels
Interrogé sur ses préférences, Hussein Bourgi a cité ses restaurants favoris à Béziers : le Patio et le Pica Pica pour les repas de travail, le Crystal ou le Petit Ju pour les terrasses. En lecture, il mentionne le dernier livre de François Hollande, « Unir », et apprécie les films sur le Général De Gaulle, « des sources d'inspiration intemporelles ». Son passe-temps favori reste la cuisine, un héritage de sa grand-mère : « Je fais tout très bien et je tiens ça de ma grand-mère. »