François Hollande s'oppose fermement à tout accord PS-LFI au second tour des municipales
Alors que le Parti Socialiste a annoncé qu'il n'y aurait pas d'accord national au second tour des élections municipales avec La France Insoumise, tout en laissant la possibilité de rapprochements au cas par cas, l'ancien président socialiste François Hollande s'oppose catégoriquement à cette dernière hypothèse.
Une position sans ambiguïté contre les "compromissions"
François Hollande a demandé dimanche aux candidats socialistes de ne pas faire de "compromissions" avec LFI au second tour des municipales. Interrogé au Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6 sur de possibles accords PS-LFI le 22 mars, l'ancien chef de l'État a rappelé clairement sa position : "Au deuxième tour, il ne peut pas y avoir d'alliance entre les socialistes et LFI".
Il a justifié cette position en affirmant : "Si on faisait cette compromission, une partie de nos électeurs ne nous suivraient pas. Et donc, ce qu'on imaginerait gagner d'un côté, on le perdrait de l'autre et on le perdrait durablement".
La clarté comme principe fondamental
Alors que le PS a laissé ouverte la possibilité de rapprochements locaux si les candidats Insoumis clarifiaient leur position vis-à-vis des récents propos polémiques de Jean-Luc Mélenchon, François Hollande s'est montré particulièrement sceptique.
"Si la condition, c'est que les candidats de la France Insoumise dénoncent les propos de Jean-Luc Mélenchon et se mettent quasiment en retrait de LFI oui, c'est une condition tout à fait acceptable", a-t-il concédé. Mais il juge que cette condition "vraisemblablement" ne sera pas remplie.
Il a insisté sur l'importance de la clarté : "C'est pour ça qu'il faut accepter un certain nombre de risques et accepter de se dire : qu'est-ce qui est le plus important aujourd'hui ? C'est la clarté. Qu'est ce qui est le plus important ? C'est la préparation de l'élection présidentielle et de se dire que ça peut avoir quelques conséquences locales".
Confiance dans le vote utile des électeurs de gauche
L'ancien président a également exprimé sa confiance dans le vote utile des électeurs de gauche. Il a affirmé n'avoir "pas de doutes" sur le vote utile pour le PS ou les Écologistes dès le premier tour.
Interrogé sur la possibilité que le PS doive sacrifier certains bastions socialistes, il a assuré qu'"on n'en sacrifiera pas forcément (...). Je pense que l'électorat est intelligent". Il prédit qu'une partie des électeurs choisira le vote utile "dès le premier tour".
Même si les listes Insoumises se maintiennent au second tour, François Hollande est convaincu que "beaucoup d'électeurs" qui auront voté LFI au premier tour "viendront au second tour sur la liste socialiste ou la liste écologiste, j'ai pas de doute là-dessus".
Un appel à la responsabilité face à l'extrême droite
L'ancien président a également lancé un appel à la responsabilité, soulignant que si les Insoumis "sont vraiment dans l'idée" d'être un parti antifasciste, "la meilleure des façons pour éviter que l'extrême droite, dans certaines circonstances, puisse accéder aux responsabilités de grandes villes", et notamment à Marseille, c'est de s'écarter "quand on n'a pas réussi à être premier".
Cette position ferme de François Hollande intervient dans un contexte électoral tendu où les alliances de second tour pourraient déterminer l'issue des municipales dans de nombreuses villes françaises, avec des enjeux qui dépassent le cadre local pour toucher à la préparation de la prochaine élection présidentielle.



