Le gouvernement se réunit face à la flambée des prix des carburants
Gouvernement réuni face à la flambée des prix carburants

Le gouvernement confronté à la crise des prix des carburants

Face à la hausse historique des prix à la pompe, le gouvernement se réunit ce mercredi à Matignon pour définir des mesures de soutien tout en maintenant sa ligne budgétaire stricte. Les carburants constituent le principal sujet de cette réunion gouvernementale organisée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Une réunion gouvernementale exceptionnelle

En l'absence d'un Conseil des ministres régulier en raison du déplacement du président Emmanuel Macron au Japon, la réunion à Matignon à 10h30 en aura le parfum officiel. Comme à l'Élysée, Maud Bregeon, porte-parole et ministre déléguée à l'Énergie, présentera un compte-rendu de ce rendez-vous auquel une trentaine de ministres sont conviés.

Le chef du gouvernement avait initialement entamé une séquence davantage régalienne avant d'être rattrapé par l'envolée des prix de l'essence contre laquelle la colère gronde, sur fond de pré-campagne présidentielle.

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Des pistes pour réduire la dépendance aux hydrocarbures

Avant cette réunion cruciale, Sébastien Lecornu a donné des instructions précises à ses ministres pour identifier les actions prioritaires visant à électrifier l'économie et réduire la dépendance aux hydrocarbures importés. Il a suggéré de financer ces mesures par les surplus des recettes fiscales générées par la hausse des prix des carburants.

Le ministre de l'Économie Roland Lescure est ainsi chargé de mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques dédiée à certaines professions qui utilisent intensivement leur voiture pour travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants.

La flambée des prix à la pompe

Le gouvernement peine actuellement à répondre efficacement à la flambée des prix à la pompe qui ne cesse de grimper alors que la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février, se prolonge. Le prix du litre de gazole a atteint un record absolu depuis 1985 en moyenne hebdomadaire la semaine dernière, dépassant même les plus hauts enregistrés après l'invasion de l'Ukraine par la Russie il y a quatre ans, selon les chiffres officiels publiés par le gouvernement.

Le maintien de la discipline budgétaire

Contraint à une stricte discipline budgétaire pour maintenir le déficit à 5% du produit intérieur brut cette année, l'exécutif refuse catégoriquement de baisser les taxes sur les carburants, une mesure réclamée par le Rassemblement national mais jugée trop onéreuse. Il écarte également le blocage des prix, demandé par La France insoumise, qui risquerait selon lui de générer des pénuries, même si certains pays voisins ont annoncé des décisions dans ce sens.

Outre les carburants et leurs impacts économiques, les ministres discuteront également du déficit public, du calendrier parlementaire chargé, et de mesures de simplification visant à rendre l'État plus efficace dans son fonctionnement quotidien.

Des aides ciblées mais insuffisantes

Afin de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs les plus touchés - notamment la pêche, l'agriculture et les transports -, le gouvernement a concédé des aides ciblées, éventuellement reconductibles, représentant au total près de 70 millions d'euros mensuels. Ces mesures n'ont cependant pas réussi à calmer les transporteurs, décidés à se mobiliser toute la semaine, ni les agriculteurs dont le premier syndicat, la FNSEA, a été reçu lundi par Sébastien Lecornu.

Le Premier ministre a promis de nouvelles aides si le conflit au Moyen-Orient venait à s'éterniser, mais les perspectives restent limitées. Malgré une baisse plus forte qu'attendue du déficit prévu pour 2025, à 5,1% au lieu de 5,4%, Sébastien Lecornu a prévenu vendredi qu'il voulait maintenir l'effort de maîtrise des finances publiques en 2026 quoi qu'il arrive, laissant peu d'espoir à ceux qui réclament davantage de soutien, à l'instar des syndicats qui ont remis de la pression mardi.

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Un agenda régalien perturbé

Au sortir des élections municipales, le chef du gouvernement avait pourtant prévu une autre feuille de route, très régalienne, axée sur l'effort militaire, la sécurité et la justice, dans un calendrier parlementaire déjà très restreint en raison des élections sénatoriales prévues en septembre.

Il a ainsi annoncé la semaine dernière de nouvelles commandes de munitions, dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire, dont l'examen au Parlement va être accéléré pour tenir compte de la guerre au Moyen-Orient. Le même jour, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a présenté en Conseil des ministres son projet de loi Ripost sur la sécurité du quotidien, avec l'ambition de lutter contre le fléau du protoxyde d'azote, les mortiers d'artifice, les rodéos sauvages ou la consommation de stupéfiants.

La semaine précédente, le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait présenté son projet de loi sur la justice criminelle, qui comporte notamment l'introduction d'une procédure de plaider-coupable pour les crimes. Cette séquence régalienne se trouve maintenant perturbée par l'urgence économique que représente la crise des carburants.