L'eurodéputé Raphaël Glucksmann a présenté ses excuses dimanche soir sur BFMTV, lors du dernier débat de la primaire de la gauche sociale-démocrate, après la diffusion de vidéos où il s'en prend à Ségolène Royal. «Désolée si ces propos ont été perçus comme étant sexistes. Ils n'avaient pas vocation à sortir. Je suis désolé», a-t-il déclaré, reconnaissant des «propos inélégants».
Des propos tenus lors d'une réunion militante
Dans un extrait vidéo diffusé samedi sur les réseaux sociaux, Raphaël Glucksmann accuse Ségolène Royal d'avoir fait «la danse du ventre à Macron» ces dernières années. L'ancienne ministre a dénoncé sur X un «sexisme consternant». Dimanche soir, elle a affirmé avoir «l'habitude des agressions verbales», mais «venant de vous, ça m'a particulièrement choquée parce que c'est une agression, en plus à connotation sexuelle».
L'eurodéputé a d'abord assuré qu'il n'y avait «pas de connotation sexiste» dans l'expression «danse du ventre», et que ses propos, tenus lors d'une réunion avec des militants dans un café, «n'avaient pas vocation à être publics». Le patron du PS, Olivier Faure, a estimé que «le plus simple, c'est de s'excuser». «La réalité, c'est que cette vidéo, elle n'était ni faite ni à faire. Ce n'était pas un cadre privé, c'était une réunion militante», a-t-il ajouté.
Une sortie qui interroge sur le débat public
Interrogé pour savoir si le débat public était «brutalisé» par lui, Raphaël Glucksmann a répondu : «Vous pensez qu'aujourd'hui en France le débat public est brutalisé par moi ?», avant de reconnaître que «des propos inélégants sont sortis. Maintenant la vraie question c'est comment on va battre l'extrême droite».
Dans une autre vidéo de la même réunion, l'eurodéputé disait «pisser» sur Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. «Une fois que c'est sorti, oui j'assume. C'était moi, c'est indéniable. Je ne pense pas qu'il faille utiliser ce langage dans le débat public, j'en suis absolument conscient», a-t-il ajouté, précisant que «ce que je disais c'est qu'il ne fallait pas céder à ce que Marine Le Pen était en train de faire, ou Jean-Luc Mélenchon, en encourageant les fièvres identitaires».
Une affaire qui marque la fin de la campagne
Olivier Faure a également relevé que «si on commence à dire que le cadre privé ne compte pas, alors dans ces cas-là, j'imagine que demain Jordan Bardella nous dira que les messages qui ont été captés par Mediapart étaient des messages d'ordre privé». Cette polémique survient à quelques jours du scrutin de la primaire, alors que les cinq candidats ont participé à deux débats télévisés. L'affaire pourrait peser sur le vote des militants socialistes et de gauche, appelés à choisir leur champion pour la présidentielle de 2027.