Gabriel Attal officialise sa candidature à la présidentielle de 2027
Gabriel Attal sera candidat à l'élection présidentielle de 2027. Son ouvrage En homme libre (Éditions de l'Observatoire), dont Le Point publie des extraits en exclusivité, marque le point de départ de sa campagne électorale. C'est donc un ancien Premier ministre, brûlant de se lancer dans la bataille, que l'on retrouve le vendredi 10 avril 2026 dans le patio du siège de son parti Renaissance, futur quartier général de campagne.
Un manifeste politique et personnel
Le verbe est travaillé, la posture se veut plus grave et habitée : le trentenaire souhaite démontrer qu'après avoir gouverné et tout vécu en accéléré au sommet de l'État, de Bercy à Matignon en passant par l'Éducation nationale, il se sent désormais prêt à présider la France. À plusieurs reprises lors de l'entretien, il répond comme s'il se trouvait déjà aux portes de l'Élysée. Celui qu'Emmanuel Macron avait qualifié de "petit frère" s'y voit pleinement.
Son livre se présente comme une déclaration d'amour aux Français, un bilan de son expérience du pouvoir, un récit intime et un manifeste pour 2027. On y découvre un homme pressé, soucieux de plaire, qui distribue ses coups contre la droite et la gauche tout en dressant l'inventaire du macronisme. Tantôt grisé par sa propre ascension, tantôt saisi par les maux de notre société, de l'entrisme islamiste au harcèlement scolaire.
Révélations personnelles et rupture avec Macron
Au fil des pages, Gabriel Attal se livre sans filtre sur sa famille recomposée, son père décédé il y a dix ans, son couple avec Stéphane Séjourné et son désir d'enfant. Un témoignage qui éclaire d'un jour nouveau son parcours, sa personnalité et son positionnement politique.
Le livre révèle surtout son rapport contrarié à Emmanuel Macron, qui l'a fait grandir mais avec qui les ponts sont désormais coupés. Sa narration de la dissolution de l'Assemblée nationale fera particulièrement parler. Cette nuit du 9 juin, retiré dans la chapelle du château de Souzy-la-Briche (Essonne), résidence des Premiers ministres, Gabriel Attal a songé à tout arrêter. Dix-huit mois plus tard, le voilà prêt à tenter "l'aventure de sa vie", à défendre un projet de "nouvelle République", le "fondement d'un nouveau rêve français".
Un projet politique différencié
Dans son entretien avec Le Point, Gabriel Attal affirme : "On ne gagnera pas en 2027 en photocopiant 2017. J'ai aussi de vraies différences avec la ligne du président." Il critique notamment le macronisme originel qui privilégiait l'économie au détriment des questions régaliennes : "Quand l'économie va, tout ne va pas. Les questions régaliennes sont au moins aussi importantes que les enjeux économiques."
Sur l'immigration, il défend une "préférence travail" et propose de privilégier l'immigration de travail à celle du regroupement familial, avec des règles claires incluant des quotas votés au Parlement. Concernant l'Europe, il plaide pour "sortir du 'tout-à-27' et assumer une Europe des géométries variables".
Réforme des institutions et modèle social
Gabriel Attal se prononce pour une modification de la Constitution afin d'adapter les institutions aux enjeux contemporains. Sur les finances publiques, il estime que le futur président devra prendre des décisions courageuses, notamment concernant les dépenses sociales qui représentent 60% des dépenses publiques.
Contrairement à certaines propositions, il rejette la retraite à 67 ans : "La retraite à 67 ans, ça ne sauvera pas le modèle !" Il propose plutôt un nouveau modèle "libre, universel et productif" intégrant de la capitalisation.
Relations politiques et stratégie électorale
Interrogé sur sa relation avec Édouard Philippe et la nécessité de limiter le nombre de candidatures pour atteindre le second tour, Gabriel Attal répond : "Il y a besoin d'une vraie campagne, puis d'un vrai rassemblement." Il a proposé la mise en place d'un comité de liaison incluant Renaissance, le MoDem, Horizons et l'UDI, mais excluant Les Républicains tant que leur ligne politique n'est pas clarifiée vis-à-vis du Rassemblement national.
Concernant la stratégie face aux extrêmes, il affirme : "Mon objectif restera toujours de battre les extrêmes. J'ai toujours assumé de les mettre sur le même plan." Tout en maintenant son refus de voter pour La France Insoumise, il reconnaît que la situation a évolué depuis deux ans.
Un candidat qui assume son parcours
À la question de savoir si être considéré comme le "bébé Macron" constitue un atout ou un handicap, Gabriel Attal répond : "Je ne prendrai jamais les Français pour des imbéciles. J'ai été élu député en accompagnant le président, j'ai été ministre dans ses gouvernements, il m'a nommé Premier ministre. Je l'assume."
Il conclut en affirmant sa conviction que la ligne qu'il défend, "celle d'une reprise de contrôle de notre destin par le progrès et notre influence en Europe", est la plus à même d'empêcher la vassalisation de la France sur les plans économique, technologique, industriel et culturel.



