Nous entrons, en ce début d'année 2026, dans une séquence foncièrement politique qui nous conduira des élections municipales à la prochaine élection présidentielle. Le climat entourant ces échéances cruciales est largement marqué par un sentiment de fatalité et de découragement profondément ancré dans l'opinion publique.
Un contexte de désillusion généralisée
La fatalité semble dominer face aux résultats des différents scrutins à venir, avec l'impression que les jeux seraient déjà faits d'avance. Le découragement concerne particulièrement le rapport des Français à la politique, où la rupture apparaît consommée et la défiance durablement installée. Ces tendances inquiétantes sont largement documentées par les enquêtes d'opinion régulières.
Les soubresauts internationaux, de Davos à Nuuk en passant par Kiev, parachèvent ce mouvement de désintérêt et détournent progressivement notre regard des enjeux politiques nationaux. Il résulte de ce double mouvement une étonnante atonie politique caractérisée par un désintérêt massif pour les débats budgétaires finissants et des municipales qui peinent à s'imposer dans l'actualité médiatique.
La "drôle de campagne" municipale
Une campagne électorale municipale qualifiée de "drôle" commence timidement dans plusieurs grandes villes françaises. Certains candidats, conscients de ce climat général de défiance, cherchent activement à évacuer toute dimension politique de leur discours, un phénomène d'autant plus incompréhensible quand on sait que les maires restent les seuls élus qui résistent à la défiance politique dans le pays.
Selon l'enquête annuelle "Fractures françaises" de 2025, les maires bénéficient encore de 68% de confiance de la part des citoyens, contre seulement 20% pour les députés nationaux. Cette disparité frappante souligne la complexité du rapport des Français à leurs institutions représentatives.
Au-delà du fatalisme : l'appétit civique persistant
Reconnaître l'existence de ce climat de fatalité et de découragement ne constitue pas l'unique grille de lecture possible du paysage politique français. Une autre voie d'analyse existe, en tournant résolument le regard vers l'appétit civique et citoyen qui persiste malgré tout dans le pays.
C'est précisément ce que démontre le rapport de l'Institut Montaigne intitulé "Démocratie : les nouveaux chemins du civisme", qui s'appuie sur les résultats d'une enquête menée en collaboration avec le cabinet d'études et de conseil Verian. Cette étude approfondie a été conduite auprès de 3 000 Français âgés de 16 ans et plus, offrant un échantillon représentatif de la population.
Des indicateurs nuancés
Ce travail de recherche, s'il confirme certains indicateurs de désenchantement et de frustration relayés depuis plusieurs années, permet aussi de compléter et même de tempérer la tonalité apocalyptique qui prédomine trop souvent dans le débat public français. L'étude révèle ainsi des dynamiques citoyennes positives qui contrebalancent partiellement le pessimisme ambiant.
Les chercheurs mettent en lumière des formes renouvelées d'engagement civique, des modalités innovantes de participation démocratique et une persistance remarquable de l'intérêt pour les affaires publiques, même si cet intérêt s'exprime parfois en dehors des canaux traditionnels de la politique institutionnelle.