Débat à Paris : l'insulte « chochotte » de Dati envers Grégoire soulève la question du sexisme et de l'homophobie en politique
Débat Paris : l'insulte « chochotte » de Dati fait polémique

Un débat municipal vire à l'insulte sexiste et homophobe

Le débat entre les candidats au second tour des municipales à Paris, diffusé sur BFMTV le 18 mars 2026, a pris une tournure particulièrement violente sur le plan verbal. Alors que le candidat socialiste Emmanuel Grégoire dénonçait « l'obsession » de ses rivales Rachida Dati et Sophia Chikirou à « le cogner dessus très très fort », l'ancienne ministre de la Culture l'a immédiatement interrompu en le qualifiant de « pauvre chochotte ».

Une insulte aux lourdes connotations

Ce terme, d'apparence anodine, est en réalité chargé de significations sexistes et homophobes. Combien d'hommes homosexuels l'ont-ils entendu dès l'école, au collège, à l'université ou au travail, utilisé comme une insulte visant à décrédibiliser en jouant sur les stéréotypes de genre ? Le choix de Rachida Dati est d'autant plus troublant qu'elle l'a employé pour désigner un homme qui n'est pas gay, révélant une utilisation péjorative et stigmatisante.

Cette sortie intervient dans un contexte où la candidate a déjà été épinglée pour des propos problématiques. Durant la campagne, Le Nouvel Obs a rapporté qu'elle avait évoqué, devant témoins, un « club des homosexuels » qui voudrait lui faire perdre la mairie de Paris, ciblant ainsi Gabriel Attal et Pierre-Yves Bournazel. Un paradoxe saisissant quand on sait que, en mai 2025, alors ministre de la Culture, elle avait signé la charte de l'inclusivité LGBT au travail de l'association L'Autre Cercle, s'engageant à « cultiver un climat exempt d'intimidation, d'hostilité, de vexation et de toute forme de conduite discriminatoire ».

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La réaction de Sophia Chikirou et le parcours d'Emmanuel Grégoire

Sophia Chikirou, la candidate LFI, n'a pas été en reste. Connue pour avoir qualifié les journalistes du Média de « bande de tafioles de merde » en 2023, elle a embrayé avec dédain après l'insulte de Dati, lançant à Grégoire : « On dirait une victime. » Une remarque d'une cruelle ironie, puisque le candidat socialiste a révélé au début de la campagne, sur France Inter, avoir été victime de violences sexuelles dans son enfance dans un contexte périscolaire.

La séquence, de quelques secondes seulement, a suscité un profond malaise. Le débat démocratique entre figures politiques de premier plan a-t-il cédé la place à une joute de cour d'école confinant à l'outrage ? Plus que le fond souvent approximatif des échanges, c'est la forme qui interpelle.

La banalisation d'une parole haineuse

En mai 2025, SOS Homophobie alertait déjà sur la banalisation d'une parole « haineuse et décomplexée » et la dégradation de la qualité du débat politique. L'incident du 18 mars en est une illustration criante. Refuser l'outrance, refuser qu'elle prenne la forme d'une insulte sexiste ou homophobe adressée à un contradicteur politique, c'est montrer qu'on la refuse pour tout le monde.

Il est des principes sur lesquels il est urgent de ne pas céder. Aucune formation politique ne devrait aujourd'hui pouvoir faire l'économie d'un signal clair contre ce type de dérapages. Alors que Rachida Dati pourrait bénéficier du report des voix d'extrême droite après le désistement de Sarah Knafo, cet épisode questionne profondément les limites acceptables de la polémique en démocratie.

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