David Amiel, jeune ministre des Comptes publics, figure de la génération Macron
Incarnation, comme Amélie de Montchalin, de la génération Macron éclose en 2017, David Amiel a été nommé ce dimanche ministre des Comptes publics à seulement 33 ans. Plus jeune membre du gouvernement Lecornu 2, il était depuis quatre mois ministre délégué de la Fonction publique et de la Réforme de l’État sous la houlette de la ministre de l’Action et des comptes publics Amélie de Montchalin, qu’il remplace alors qu’elle devient première présidente de la Cour des comptes.
Un parcours fulgurant aux côtés d’Emmanuel Macron
David Amiel fait partie de la jeune génération politique née avec Emmanuel Macron, qu’il a suivi de Bercy à l’Élysée, avant de devenir député puis ministre. Après un parcours scolaire d’élite, les lycées parisiens Louis-le-Grand, Henri-IV, l’École normale supérieure (ENS) et Princeton, ce marcheur de la première heure, chevelure rousse et lunettes rondes, a connu une ascension rapide.
Stagiaire à Bercy quand Emmanuel Macron était ministre de l’Économie et des Finances, il a ensuite coordonné les groupes de travail pour le programme de 2017, avant d’entrer à l’Élysée auprès d’Alexis Kohler, le secrétaire général de la présidence. Il quitte l’équipe présidentielle deux ans plus tard, en 2019, en ayant rédigé avec un autre conseiller, Ismaël Emelien, un essai intitulé « Le Progrès ne tombe pas du ciel », tentative de définition du macronisme.
Artisan de la réélection et député
David Amiel a été l’un des artisans de la réélection d’Emmanuel Macron en 2022, copilotant la rédaction des propositions de campagne. Il devient ensuite député à 29 ans, élu dans le 15e arrondissement de Paris. Il le reste un peu plus de trois ans, de 2022 à 2025, et siège à la Commission des Finances. Comme député, il a aussi été à l’origine d’une proposition de loi, adoptée en janvier 2026 par l’Assemblée, visant à changer certains critères de logement des agents publics et à rendre des biens disponibles.
Des qualités reconnues et des critiques
« C’est un vrai connaisseur des finances publiques, dont la compétence est appréciée. Il a su montrer des qualités de négociation au sein de la commission mixte paritaire (CMP) sur le Projet de loi de finances (PLF) 2025 », dit de lui le député socialiste Philippe Brun, qui l’a côtoyé sur les bancs de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Mais « sur le fond, c’est un vrai libéral », ajoute-t-il. « On lui doit l’idée de supprimer la taxe d’habitation en 2017, dont on paie toujours le coût aujourd’hui pour les finances publiques. »
Comme ministre de la Fonction publique, « il a abordé de nombreux sujets et ouvert beaucoup de chantiers », souligne Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa fonction publique. Mais « souvent, ce sont des chantiers qui sont plutôt régressifs pour le droit des agents », déplore-t-il, tout en saluant « un ministre dynamique, qui a envie de réussir et de porter les dossiers qu’il traite ».
Ouvert au dialogue mais aux ordres d’une politique contestée
« C’est plutôt quelqu’un de sympathique, d’ouvert au dialogue, qui n’est pas contre les syndicats », renchérit Christian Golier, le secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires Force ouvrière (FGF FO), premier syndicat de la fonction publique d’État. Mais « hormis ce côté accessible, le problème, c’est qu’il a mené la politique publique désastreuse des deux dernières lois de finances. Il est aux ordres d’une politique qui est défavorable aux fonctionnaires », regrette le syndicaliste.
En 2019, David Amiel rejoint Benjamin Griveaux pour tenter de ravir Paris aux socialistes en 2020, mais la campagne se termine en fiasco avec la divulgation de vidéos privées à caractère sexuel de ce dernier. Il siège ensuite comme conseiller d’opposition dans le 15e arrondissement et travaille pendant quelques mois à la direction de La Poste, avant de rejoindre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron.



