Crise au PS : Boris Vallaud impose un calendrier pour 2027 face à Olivier Faure
Crise au PS : calendrier imposé pour 2027 face à Faure

Le Parti socialiste en pleine tempête interne

Les tensions éclatent au sein du Parti socialiste, où les débats sur la présidentielle de 2027 s'enveniment déjà. Le député des Landes Boris Vallaud, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, a pris une initiative audacieuse en exigeant un calendrier strict pour trancher la désignation du candidat et la stratégie avant fin juin. Cette demande a provoqué un clash frontal avec le premier secrétaire, Olivier Faure, lors d'une récente réunion du bureau national.

Un clash qui divise la direction

Mardi soir, Boris Vallaud, accompagné de Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, et de leurs soutiens, ont claqué la porte du bureau national. Ce geste spectaculaire marque un désaccord profond avec Olivier Faure, qui a refusé de soumettre au vote une résolution proposée par Vallaud. Cette résolution vise à permettre aux militants de choisir avant fin juin le candidat du PS à la présidentielle, tout en réglant simultanément les questions du projet et de la stratégie.

En substance, il s'agit de décider entre deux options majeures : une primaire ou, comme le défend Boris Vallaud, la construction d'une coalition. Les partisans de Vallaud insistent sur l'urgence de ne plus perdre de temps, arguant que cela fait dix mois qu'il n'y a pas de débat, de transparence et de concertation sur le processus de la présidentielle.

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Les stratégies en jeu

La direction du PS a rejeté cette résolution, la qualifiant de coup de théâtre à la mise en scène douteuse et évoquant des arrière-pensées. Certains soupçonnent Boris Vallaud de nourrir une ambition cachée pour la candidature. Pour comprendre ce refus, il faut revenir à Tours, où fin janvier, Olivier Faure s'est déclaré favorable à une primaire de la gauche, en alliance avec des figures comme Lucie Castets, Marine Tondelier des Écologistes, et les ex-Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.

Faure avait alors expliqué : Quand vous aurez un candidat désigné par deux millions de personnes, ça va entraîner grave..., s'engageant à consulter les militants après les municipales. Cependant, un député socialiste critique cette approche : Le problème, c'est qu'il n'avait pas de mandat pour acter une telle primaire. Et qu'aucun vote n'est encore prévu.

Les craintes d'une division fatale

Les adversaires d'Olivier Faure l'accusent de jouer la montre pour mieux lancer sa propre candidature, faute de temps pour organiser une alternative. Olivier Faure est dans l'évitement, poursuit un parlementaire. Sauf qu'on ne peut pas continuer comme ça, il faut nous mettre en ordre de marche. Boris Vallaud, quant à lui, ne compte pas renoncer. On ne va pas relâcher la pression, prévient l'un de ses soutiens. Olivier ne doit pas oublier qu'il doit sa majorité au PS à Boris... Il ne pourra pas sans cesse refuser d'avancer.

L'équation se complique avec l'implication d'autres acteurs. François Hollande avance ses pions pour torpiller toute perspective de primaire, tandis que Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon manœuvrent dans l'ombre. Mélenchon espère profiter de ces divisions pour s'entendre avec les écologistes et isoler le PS.

Le risque du vote utile

Au sein du parti, les cadres redoutent déjà une machine à perdre. Stéphane Delpeyrat, maire de Saint-Médard-en-Jalles et porte-parole du PS, s'alarme : Si l'objectif de ces manœuvres est d'empêcher Olivier Faure d'être candidat à la présidentielle, ce n'est pas à la hauteur. Ses adversaires ne veulent pas de primaire, très bien, mais qu'ils nous disent comment ils font pour rassembler.

Il reconnaît que la primaire n'est peut-être pas idéale, citant les exemples de François Hollande en 2012 et Benoît Hamon en 2017. Mais s'il y a quatre candidats de gauche à la présidentielle, on ne sera pas au second tour. En 2022, Anne Hidalgo a terminé avec 1,75%. Quand les partis ne réussissent pas à se mettre d'accord, les électeurs, eux, tranchent dès le premier tour.

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Delpeyrat met en garde : En 2027, le réflexe du vote utile pourrait être encore plus fort. L'enjeu n'est pas seulement d'envoyer un candidat au second tour mais de choisir celui qui pourra battre Jordan Bardella. Si on part divisé et sans projet, on n'existera pas. À la fin, les électeurs voteront pour le macroniste de service...

Spectateur inquiet, le député écologiste de Bordeaux Nicolas Thierry ajoute : En 2027, celui ou celle qui accédera au second tour viendra du camp le moins divisé. Oui, la primaire n'est pas facile, mais je ne vois pas d'autres solutions. Le compte à rebours est désormais enclenché, et l'avenir du PS se joue dans ces tensions stratégiques.