Le village de Correns, dans le Var, a officiellement lancé une convention citoyenne à l'échelle communale, une expérimentation démocratique inédite dans le département. L'initiative, portée par l'équipe municipale dans une démarche non partisane, a été présentée le premier lundi d'octobre devant une cinquantaine d'habitants réunis dans la salle des Pénitents blancs. La maire Nicole Rullan et Pascal Mayol, coordinateur de l'association Élan démocratique, ont procédé au tirage au sort des futurs « conventionnés ».
Un tirage au sort pour garantir la représentativité
Pour assurer une réelle représentativité de la diversité des Corrensois, soixante adresses ont été tirées au sort sur la base du cadastre. Les résidents concernés recevront un courrier les invitant à s'inscrire à la convention. D'ici au 14 novembre, un groupe de trente personnes sera constitué. Ce groupe se réunira lors de sept journées réparties sur quatre mois afin de définir une méthode de travail.
L'objectif est de répondre aux besoins prioritaires des habitants tout au long du mandat, à partir du 13 février, date de clôture de la convention. « Définir un nouveau modèle démocratique où chacune et chacun aura toute sa place », indique l'invitation au lancement officiel. La maire souligne : « Nous allons chercher ceux qui ne croient plus en la politique. Nous voulons répondre aux besoins des habitants de ne plus être des consommateurs de services publics, mais des acteurs du débat public. »
Un outil délibératif encadré par une garante
Pascal Mayol précise que cette convention n'est pas une simple consultation : « C'est un outil délibératif : les élus s'engagent à ce que les travaux passent en conseil municipal, que le plus grand nombre soit mis en œuvre et qu'une explication soit donnée lorsque ce n'est pas le cas. » Pour garantir ce processus, la Ville fait appel à la Commission nationale du débat public, qui a nommé Séverine Cachod comme garante. Elle sera chargée de s'assurer que « les fondamentaux du débat public sont rassemblés, que le droit à la démocratie participative est accessible au plus grand nombre ».
L'initiative s'appuie sur l'expérience du village, premier bio de France depuis 1997. La maire reconnaît des tentatives infructueuses de démocratie participative lors de son précédent mandat, mais elle se montre confiante : « C'est un projet ambitieux. On prend quelques risques, mais que la première convention citoyenne du Var soit installée à Correns, c'est une belle aventure ! »
L'incendie du Gros Bessillon comme déclencheur
L'incendie du Gros Bessillon, qui a ravagé la commune en juillet dernier, a révélé la capacité de mobilisation des habitants. « Ça n'aurait pas pu se faire avec les quinze personnes que nous sommes au conseil municipal, estime la maire, et ça a amené des gens qui ne s'étaient jamais croisés à se rencontrer. » L'entraide pendant les journées d'angoisse a démontré l'importance de permettre à chacun de participer.
La commune pourra compter sur des fonds de l'Union européenne pour financer ce dispositif. Le programme Leader financera 80 % des 50 000 euros nécessaires, la Ville prenant en charge la part restante. « C'est important pour une commune dont le budget de fonctionnement dépasse à peine le million d'euros », explique Nicole Rullan, avant d'affirmer : « La coconstruction, j'y crois vraiment ! »