Le député insoumis fustige une instrumentalisation "scandaleuse"
Le député de La France insoumise Eric Coquerel a vivement réagi aux critiques adressées à son mouvement politique suite au décès tragique de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite de 23 ans. Lors d'une intervention médiatique sur RTL, mardi 17 février, l'élu a qualifié les attaques de "récupération sordide et politicienne", visant selon lui à discréditer la principale force alternative de gauche.
Une violence rejetée avec fermeté
"Nous rejetons ce type de violence parce que ce n'est jamais la solution", a déclaré Eric Coquerel, exprimant sa compassion pour les proches du jeune homme. Le drame s'est produit à Lyon, en marge d'une conférence donnée par l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po. Le député a insisté sur le caractère inacceptable de l'agression, tout en dénonçant une campagne de déstabilisation orchestrée contre LFI.
Des accusations perçues comme stratégiques
Pour Eric Coquerel, les critiques émanant de la droite et de l'extrême droite ont un objectif clair : "affaiblir, voire éliminer la seule force alternative de gauche, peut-être capable d'empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir". Il a condamné cette "manière de faire absolument scandaleuse", tout en rappelant que la violence politique est selon lui "profondément du côté de l'extrême droite".
Les révélations judiciaires sur la violence de l'agression
Lors d'une conférence de presse tenue lundi, le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a confirmé l'extrême brutalité subie par Quentin Deranque. L'autopsie a mis en évidence :
- Un traumatisme crânio-encéphalique majeur
- Une fracture temporale droite
Les experts médico-légaux ont précisé que ces lésions étaient "au-delà de toute ressource thérapeutique, et mortelles à brève échéance". Face à la gravité des faits, le parquet a décidé de requalifier l'enquête en homicide volontaire aggravé, retenant trois circonstances aggravantes :
- La réunion de plusieurs individus
- La dissimulation des visages
- L'usage d'armes par destination
Une enquête toujours en cours
Les investigations se poursuivent activement avec :
- Une quinzaine de témoins entendus
- Des analyses vidéo en cours d'examen
- Six auteurs activement recherchés
Le procureur Dran a refusé toute spéculation en dehors du cadre judiciaire, précisant que "les constatations techniques se poursuivent toujours très activement".
Les réactions politiques et les accusations croisées
Le collectif Némésis, proche de l'extrême droite, a imputé l'agression à des militants antifascistes, évoquant notamment des liens avec la Jeune Garde, une organisation fondée par le député LFI Raphaël Arnault. Ce groupuscule antifasciste a pour sa part nié toute responsabilité, indiquant avoir "suspendu toutes ses activités" face à une procédure de dissolution.
La prudence des autorités judiciaires
Concernant les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, notamment sur l'implication éventuelle d'un collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault, le procureur de Lyon est resté mesuré : "Je suis un magistrat, je m'attache aux faits. On est en phase d'identification des auteurs".
Les critiques gouvernementales et de l'opposition
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a pointé du doigt la "responsabilité morale" de LFI, accusant le mouvement d'"encourager depuis des années maintenant un climat de violence". De son côté, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann a jugé "impensable" que la gauche "cultive le moindre doute" sur une éventuelle alliance avec La France insoumise pour la présidentielle de 2027.
Il a appelé à mettre un terme à "cette brutalisation du débat public", soulignant "une responsabilité de tous les dirigeants politiques qui attisent la haine, y compris ceux de La France insoumise".



