Carcassonne : le maire RN Christophe Barthès suscite la polémique par ses gestes symboliques
Carcassonne : le maire RN Barthès crée la polémique

Un début de mandat mouvementé pour le nouveau maire RN de Carcassonne

Trois semaines seulement après le début de son mandat, le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, suscite déjà vives critiques et nombreuses interrogations au pied des remparts de la citadelle médiévale. Ses adversaires politiques dénoncent sans ambages ses « outrances » qu'ils qualifient de dignes d'un « Trump version discount », tandis que le premier magistrat de la ville assume pleinement sa communication volontairement provocatrice.

Des gestes symboliques qui font polémique

Dès la fin du premier conseil municipal en mars, Christophe Barthès a inauguré son mandat par une vidéo le montrant signant, à la manière de l'ancien président américain Donald Trump, son premier arrêté municipal contre la mendicité, considérée comme un « trouble à l'ordre public ». Peu après, une séquence relayée sur son compte X le montrait au balcon de la mairie, empoignant le drapeau européen pour le remplacer par un drapeau tricolore, accompagné d'un rageur « dehors ».

« L'idée, c'était de faire voir que nous allons faire ce pourquoi nous avons été élus », explique M. Barthès à ses détracteurs. « C'est de la com' mais de la com' qui a réussi », se félicite-t-il ouvertement, assumant pleinement cette stratégie de communication.

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Les réactions de l'opposition

« On a à faire à un Trump version discount qui amuse les médias nationaux mais finalement ne donne pas une bonne image de la ville à l'extérieur », fustige Alix Soler-Alcaraz (PS), tête de liste d'union de la gauche aux dernières municipales. L'élu socialiste dénonce en outre « la gravité des décisions prises » qui « donnent une image d'exclusion, vis-à-vis de l'Europe, des jeunes qu'il intimide, de tous ceux qui ne pensent pas comme lui ».

François Mourad (Renaissance), autre opposant de poids, déplore quant à lui les « outrances » d'un élu qui serait resté, selon lui, en campagne électorale permanente. « Il n'est pas le maire des Carcassonnais qui ont voté RN mais celui de tous les Carcassonnais », rappelle-t-il avec insistance.

Un maire qui assume sa communication

Face à ces critiques, Christophe Barthès répond avec un certain mépris affiché. « Comme disait Chirac, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre », lance-t-il, ajoutant avec un sourire : « vous pouvez reprendre ça, ce sera pas du Trump, ce sera du Chirac ». Et de poursuivre : « Je me fous de ce que pensent mes adversaires franchement, ils passent leur temps à me casser du sucre sur le dos mais j'ai le dos large, je suis paysan et les paysans, ils ont le dos large ».

Quelques jours après ces premières polémiques, le maire a été mis en cause pour s'être glissé dans un groupe Instagram de lycéens appelant à manifester contre lui. Il y aurait posté un message mettant en garde contre de potentielles « dégradations » lors de ce rassemblement et affirmant que les pseudonymes des membres du groupe étaient connus des autorités.

Des décisions budgétaires controversées

Sur le plan administratif, le nouveau maire a pris plusieurs décisions qui alimentent la controverse. Il a supprimé une subvention à la Ligue des droits de l'Homme et interrompu les achats d'espaces publicitaires ainsi que les partenariats culturels avec le groupe de presse locale « La Dépêche du Midi », accusé de manquer de neutralité.

L'opposition s'insurge également contre son choix d'augmenter ses propres indemnités et celles de ses adjoints. François Mourad y voit le geste « lamentable » d'un « Robin des bois en pâte à mâcher », dans une « période où les petites gens dont il est censé être le défenseur ont du mal à remplir le réservoir d'essence ».

Le maire se défend en affirmant avoir supprimé deux postes de chauffeur, deux postes d'adjoint ainsi qu'une voiture de fonction, réalisant ainsi selon lui « chaque mois 3 000 euros » d'économies pour les finances municipales.

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Les inquiétudes du monde associatif et culturel

L'arrivée du Rassemblement National aux commandes de la mairie suscite par ailleurs des questions légitimes du côté des acteurs associatifs, particulièrement dans le domaine culturel. « Avec la crainte de se voir couper des budgets », explique Henzo Lefevre, délégué général du Festival International du film politique (FIFP) de Carcassonne.

Cette manifestation culturelle qui monte en puissance depuis sa création en 2018, avec notamment plus de 22 000 festivaliers en 2025, a fait le choix mardi de renoncer à toute demande d'aide à la mairie, jusqu'ici co-organisatrice. Les responsables du festival estiment que les orientations politiques du RN « sont incompatibles avec les valeurs qui fondent cet événement » culturel d'envergure.

Les projets à venir

Sur ses décisions budgétaires qui doivent être votées au conseil municipal du 30 avril, Christophe Barthès affirme privilégier cette année « la vie au quotidien » de ses administrés. « Que les gens se rassurent : on ne va pas couper les vivres à toutes les associations », tente-t-il de rassurer les acteurs locaux inquiets.

Le maire compte par ailleurs poursuivre sa politique de gestes « symboliques » qui marquent son mandat. Prochaine initiative annoncée pour début mai : la réinstallation d'une statue de Jeanne d'Arc sur le parvis de la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne, un geste fort qui ne manquera certainement pas de susciter de nouveaux débats dans la cité audoise.

Alors qu'un eurodéputé belge lui a écrit pour savoir si, en renonçant à l'étendard de l'UE, il comptait se priver des subventions européennes, M. Barthès balaie la remarque d'un revers de main : « nous demanderons toujours des aides à l'Europe si on y a droit, aucun souci », assure-t-il, montrant ainsi que son opposition symbolique à l'Union européenne n'empêchera pas la municipalité de bénéficier des fonds structurels disponibles.