Cannes : l'ombre de la succession plane sur l'hôtel de ville
Alors qu'il vient d'être triomphalement réélu maire de Cannes avec 81% des voix lors des municipales de 2026, David Lisnard s'engage désormais dans une campagne présidentielle pour 2027. Cette double ambition soulève une question cruciale : qui pourrait le remplacer à la tête de la cité des festivals s'il devait accéder à l'Élysée ?
Les favoris dans l'entourage immédiat du maire
Plusieurs figures émergent déjà comme potentiels successeurs au sein de l'équipe municipale. Nicolas Gorjux apparaît comme le favori naturel. Premier adjoint chargé des finances, cet homme discret mais efficace a gagné la confiance totale de David Lisnard. Sa récente nomination à la présidence de la SEMEC, la société d'économie mixte gérant le Palais des festivals, renforce encore son influence.
Gilles Cima, avec ses 37 ans d'expérience municipale, représente l'autre option sérieuse. Ce centriste de l'UDI, actuellement 3e adjoint, a su naviguer entre différentes majorités tout en accumulant une expertise dans de multiples domaines : tourisme, commerce, urbanisme, travaux et maintenant logistique.
Les outsiders et les figures montantes
Parmi les autres prétendants possibles, Joëlle Arini incarne l'étoile montante de la galaxie Lisnard. Promue 2e adjointe à l'éducation, cette ancienne directrice d'école s'est imposée comme une élève brillante au sein du conseil municipal, même si elle préfère rester discrète sur ses ambitions.
Jean-Michel Arnaud, ancien adjoint à la culture et actuel 7e adjoint aux ports et littoral, bénéficie d'une solide expérience. Il a notamment co-écrit un essai sur l'incivisme avec David Lisnard et présidé la SEMEC pendant la difficile période Covid.
Thomas de Pariente, passionné de cinéma et auteur d'un livre sur Cannes, partage avec le maire un amour inconditionnel pour la ville. Bien que relégué à la 11e place du conseil en charge des sports, il pourrait connaître une remontada.
Les réactions de l'opposition et les doutes
L'opposition, tant de droite extrême que de gauche, reste sceptique. Lucas Mussio du Rassemblement National craint que David Lisnard ne puisse mener de front campagne présidentielle et gestion communale : « Il ne faudrait pas que cette ville lui serve uniquement de solution de repli ».
À gauche, Michel Hugues estime que la candidature présidentielle relève du cinéma : « David Lisnard fait son cinéma. Mais lorsqu'on lit la presse nationale, son nom n'est jamais cité parmi les candidats potentiels de la droite ». Pour lui, aucun successeur crédible n'émerge car « c'est un astre qui brille tellement, qu'il brûle toutes ses étoiles montantes ».
L'ombre omniprésente du maire
Malgré les spéculations, une réalité persiste : David Lisnard reste le décideur incontesté. Comme le confie un socio-professionnel local : « Quels que soient ses adjoints, c'est David Lisnard qui fait, qui décide, qui tranche sur tous les dossiers. Même président de la République, ce sera toujours lui le maire ! ».
La question de la succession, bien que prématurée, agite déjà les couloirs de l'hôtel de ville. Entre fidèles collaborateurs et ambitions personnelles, le jeu des prétendants s'organise dans l'ombre du « Roi Soleil de la Croisette », dont l'éventuel départ vers l'Élysée pourrait bouleverser l'équilibre politique cannois.



