Cambadélis dénonce les alliances PS-LFI comme une "erreur magistrale" après les municipales
Cambadélis : les alliances PS-LFI, une "erreur magistrale"

Un vent de fronde au Parti socialiste après les municipales

Un véritable vent de fronde souffle sur le Parti socialiste. Après une semaine marquée par la multiplication des alliances entre socialistes et Insoumis lors du second tour des élections municipales, les figures de la gauche opposées à La France Insoumise (LFI) entament une vigoureuse contre-attaque. Constatant les défaites essuyées à Limoges, Toulouse, Brest, Clermont-Ferrand ou encore Avignon, l'ancien premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, farouche opposant à Olivier Faure, dénonce sans ambages une "erreur magistrale" et en appelle à "donner une nouvelle direction au PS".

Un bilan cinglant pour les alliances avec LFI

Interrogé sur le bilan de ce second tour, Jean-Christophe Cambadélis dresse un constat sans appel. "Ce second tour est marqué par trois choses", affirme-t-il. "D'abord, le maintien de LR comme la première force des collectivités locales. Ensuite, la percée du Rassemblement national (RN) qui infuse dans la société française, dans les petites villes et un peu partout. Enfin, cette soirée marque l'erreur magistrale du Parti socialiste, qui a cru se sauver en multipliant les alliances avec LFI, et qui s'est perdu."

Pour l'ancien dirigeant socialiste, le lien de cause à effet est clair et implacable. "Fondamentalement. Les alliances avec LFI font perdre la gauche et ne permettent pas de battre la droite ni de contenir le RN", assène-t-il. Il oppose les villes où le PS a refusé toute alliance avec les Insoumis, comme Strasbourg, Paris, Marseille ou Rennes, où la gauche a remporté des victoires, aux villes où ces alliances ont été conclues, comme Toulouse, Limoges, Avignon, Brest et Clermont-Ferrand, qui se sont soldées par des défaites.

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Des contre-exemples qui ne convainquent pas

Face aux exemples de Nantes, où Johanna Rolland, numéro deux du PS, l'a emporté avec le soutien de LFI, ou de Lyon, où l'écologiste Grégory Doucet a été réélu avec l'appui conjoint du PS et de LFI, Cambadélis reste inflexible. Il rétorque qu'à Nantes, Johanna Rolland n'avait pas besoin de cette alliance pour gagner, et qu'à Lyon, la configuration est différente avec un maire écologiste. Il enfonce le clou en soulignant que les écologistes sont, selon lui, les grands perdants de la soirée, désavouant la "ligne cryptomélenchoniste de Marine Tondelier".

"Je le maintiens : l'alliance avec LFI est une erreur stratégique, politique et morale", insiste-t-il, ajoutant que "la faute de la fusion avec LFI sera difficile à porter pour la direction du PS".

L'appel à un renouvellement profond du PS

Quelles conséquences faut-il tirer de ce constat amer ? Pour Jean-Christophe Cambadélis, la réponse est sans équivoque : "Il faut remettre de l'ordre dans le PS. Il est nécessaire que nous clarifions notre ligne et notre orientation stratégique. Il faut rassembler tous ceux qui sont opposés aux concessions faites à LFI. Le Parti socialiste doit se renouveler." Il estime que la direction actuelle, incarnée par Olivier Faure, est dans le déni en ne prenant pas en compte les enseignements du scrutin.

Il rejette également l'idée d'une primaire élargie aux écologistes mais excluant LFI, défendue par Olivier Faure. "Non. La totalité des acteurs de cette primaire, de François Ruffin à Marine Tondelier en passant par Olivier Faure lui-même ont plaidé pour des accords avec LFI entre le premier et le second tour", rappelle-t-il, estimant que cette gauche "ne peut donc pas incarner l'espace d'une alternative politique à Mélenchon pour la prochaine présidentielle".

Vers une nouvelle coalition de la gauche non-mélenchoniste ?

Mais vers qui se tourner alors ? Cambadélis esquisse les contours d'une possible reconstruction. "Il faut réunir tous ceux qui veulent construire une gauche de transformation sociale, responsable, sociale et écologiste", propose-t-il, citant des noms comme Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve ou Guillaume Lacroix, ainsi que "les centaines de militants qui ne sont plus au PS aujourd'hui parce qu'ils se désespèrent de cette orientation placée sous l'égide de Jean-Luc Mélenchon".

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Il fustige enfin l'incohérence qu'il perçoit au sommet du parti, pointant du doigt Pierre Jouvet, le numéro deux du PS, qui aurait selon lui affirmé dimanche dernier être favorable à l'alliance avec LFI pour, ce soir, déclarer que LFI fait perdre la gauche. Un double discours qui, pour Cambadélis, symbolise le besoin urgent d'une clarification et d'un nouveau cap pour le vieux parti de la rose.