Un geste symbolique fort dès l'investiture
À peine élu maire de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson a pris une décision qui ne passe pas inaperçue : le retrait immédiat du drapeau européen du fronton de l'hôtel de ville. Cet acte, réalisé le jour même de sa cérémonie d'investiture, s'inscrit dans un mouvement plus large observé chez plusieurs maires nouvellement élus du Rassemblement national en France, comme à Carcassonne ou à Harnes. La simultanéité de ces actions a rapidement déclenché une polémique, remontant jusqu'aux plus hautes sphères de l'État.
Une initiative personnelle ou une directive ?
Bryan Masson assure avoir agi de sa propre initiative, sans directive nationale de son parti. Il souligne que cette mesure était inscrite « noir sur blanc » dans son programme de campagne, répondant selon lui à une volonté claire des électeurs cagnois. « La République ne reconnaît qu'un seul drapeau, le drapeau tricolore. J'y tiens et je pense qu'il faut être en capacité d'affirmer cette fierté nationale », explique-t-il. Le maire justifie son geste par un attachement profond à la France, estimant que le drapeau européen est un « surplus » inutile sur les bâtiments municipaux.
Réactions politiques et défense du maire
Cette vague de retraits a provoqué des réactions contrastées. Marine Le Pen, cheffe de file du RN, a rappelé que rien n'oblige légalement les mairies à arborer le drapeau européen, évoquant le rejet par référendum de la Constitution européenne. À l'inverse, Benjamin Haddad, ministre chargé de l'Europe, a qualifié l'acte de « populiste », interrogeant si ces communes refuseraient aussi les fonds européens. Bryan Masson balaie cet argument, soulignant que la France est contributeur net à l'Union européenne et que cet argent « revient dans les caisses de la France ».
Une position ferme face aux contradictions
Le maire se dit « profondément européen » sur le plan culturel, mais rejette l'Union européenne comme une construction « économique et administrative d'une froideur extrême ». Il affirme que, tant qu'il sera en poste, seul le drapeau français flottera sur la mairie de Cagnes-sur-Mer. Cependant, cette fermeté pourrait être mise à l'épreuve par une proposition de loi adoptée en 2023, visant à rendre obligatoire le drapeau européen sur les mairies des communes de plus de 1 500 habitants.
Des situations variées dans la région
La question du drapeau européen révèle des différences locales. À Menton, ville frontalière, il n'y avait pas de drapeau européen avant l'élection de la maire RN Alexandra Masson. À Peymeinade, sous l'administration de Brigitte Vidal, le drapeau européen flotte toujours aux côtés du tricolore. À Nice, Eric Ciotti, allié du RN, a choisi de ne pas suivre le mouvement, conservant le drapeau européen sur sa mairie. Ces divergences illustrent la complexité du sujet et les nuances au sein même des forces politiques.
En définitive, le retrait du drapeau européen à Cagnes-sur-Mer dépasse le simple symbole pour toucher à des enjeux d'identité nationale, de souveraineté et de politique locale. Alors que les réactions continuent de fuser, cet acte soulève des questions sur l'avenir des relations entre la France et l'Union européenne au niveau municipal.



