Budget 2027 : Lecornu dévoile un plan de redressement de 54 milliards
Budget 2027 : Lecornu dévoile un plan de redressement

Le gouvernement dévoile ce jeudi son projet de budget pour 2027, un plan de « redressement » de 54 milliards d'euros d'économies, alors que les taux d'intérêt de la dette française flambent. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis un « budget de redressement » après avoir évoqué mi-janvier un budget « offensif ».

Un budget « réversible » après la présidentielle

Le calendrier électoral de 2027 aura des conséquences sur le budget, a rappelé Sébastien Lecornu. Il comporte des mesures qui seront « pour beaucoup, réversibles par la nouvelle majorité qui sortira des urnes » après l'élection présidentielle du printemps prochain. Le ministre des Comptes publics David Amiel a indiqué que sur les 54 milliards d'euros d'effort budgétaire, 45 milliards seraient des « efforts nouveaux », les 54 milliards intégrant des mesures entamées en 2026. Le gouvernement vise 5 % de déficit en 2027, après avoir échoué à atteindre cet objectif en 2026 (5,4 % attendus cette année).

Pas de hausse généralisée d'impôts, mais des prélèvements en hausse

L'exécutif a affirmé qu'il ne proposerait « pas de hausse généralisée d'impôts ». Mais, selon les chiffres de Bercy, le taux de prélèvements obligatoires atteindrait 44,2 % du PIB en 2027, contre 43,9 % en 2026. Cette augmentation est attribuée par le gouvernement à la lutte contre la fraude – grâce à laquelle il espère récupérer un milliard d'euros – et à la réduction de certaines niches fiscales.

Un coup de frein sur les dépenses de l'État

En 2027, l'effort devra porter en particulier sur les dépenses de l'État. Le budget global de l'État « sera gelé », a indiqué le Premier ministre. Les hausses de budget ou de crédits (Armées, Justice, Intérieur, Défense, Logement, Recherche et Écologie) seront compensées par « des économies très importantes » dans d'autres, dont celui du Travail (2,5 milliards d'euros d'effort). Opérateurs et agences verront leurs enveloppes diminuer. Pour économiser 2 milliards d'euros, le point d'indice des fonctionnaires restera gelé. L'effort budgétaire prévoit aussi un gel des aides personnalisées au logement (APL). La prime d'activité, versée à 4,5 millions de personnes, ne sera pas indexée sur l'inflation.

Un effort de 5,4 milliards pour les collectivités

Les collectivités devront faire un effort budgétaire de 5,4 milliards d'euros, selon le président du Comité des finances locales (CFL) Jean-François Debat. Cet effort sera constitué notamment « d'une contribution progressive des collectivités » de 2,5 milliards d'euros et d'une baisse d'environ 2 milliards d'euros d'une aide versée par l'État aux collectivités, le fonds de compensation pour la TVA (FCTVA).

Une mise à contribution des retraités

Le gouvernement veut « diviser quasiment par deux » le déficit de la Sécurité sociale et le ramener à « 12 ou 13 milliards » en 2027, a fait savoir le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. L'exécutif veut notamment économiser 5,5 milliards d'euros en freinant la « progression mécanique » des dépenses de retraite, dont 4,1 milliards via une désindexation ou sous-indexation des pensions supérieures à 1.260 euros. Le reste des économies sur les retraites serait réalisé via « une diminution du plafond de l'abattement de 10 % sur l'impôt sur le revenu » dont bénéficient les retraités, « qui passerait de 4.439 à 3.000 euros ».

Baisse de la surtaxe sur les grandes entreprises

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises sera reconduite pour une troisième année, mais allégée. En 2026, elle a rapporté 7,5 milliards d'euros. Toujours pour les entreprises, ni le crédit d'impôt recherche (CIR) ni le pacte Dutreil, abattement dans le cadre des transmissions familiales, ne seront touchés.

Les arrêts de travail et les allègements de charges des entreprises visés

Sébastien Lecornu entend économiser 2 milliards d'euros grâce à « des efforts sur les arrêts maladie ». L'exonération fiscale de certains arrêts maladie est notamment dans le viseur. Le gouvernement envisage aussi de prolonger le gel des allègements de charges pour les entreprises, décidé en 2026. Selon Les Echos, il voudrait aller au-delà en limitant les exonérations de cotisations patronales via un élargissement de l'assiette des rémunérations prises en compte dans le calcul des allègements. Cela permettrait une économie supplémentaire de 3 à 3,5 milliards d'euros.

Aéroports, autoroutes, produits sucrés à la caisse

Le gouvernement va proposer d'alourdir de 800 millions d'euros la taxation des exploitants d'autoroutes et d'aéroports. Les produits sucrés sont également dans le viseur de l'exécutif, qui envisage une taxe sur ces derniers, au nom de la lutte contre l'obésité.