Pierre-Yves Bournazel, le 'troisième homme' qui veut s'imposer à la mairie de Paris en 2026
Bournazel, le 'troisième homme' pour la mairie de Paris 2026

Pierre-Yves Bournazel, l'éléphant dans la pièce des municipales parisiennes de 2026

Depuis le lancement de la campagne pour les élections municipales de 2026 à Paris, le nom de Pierre-Yves Bournazel, candidat sous l'étiquette Horizons-Renaissance, n'est souvent évoqué qu'à travers le prisme des alliances potentielles. Dans un duel serré entre Emmanuel Grégoire (Gauche unie) et Rachida Dati (LR-Modem), qui pourrait-il rallier ? Pourtant, malgré une discrétion relative dans ce climat de pugilat politique, Bournazel affiche une certitude inébranlable : cette élection sera la sienne. Si l'Hôtel de Ville semble encore distant, son rôle d'homme pivot dans ce scrutin est indéniable.

Du 'homme pivot' au 'troisième homme' : une stratégie assumée

À ce terme politique désignant une personne au centre d'un rapport de force, Pierre-Yves Bournazel préfère celui de troisième homme. Avec les solides 14% que les sondages lui accordent au premier tour, il pourrait jouer un rôle décisif dans la succession à Anne Hidalgo. Je ne suis pas un marchepied, je me maintiendrai au second tour, insiste-t-il, rejetant fermement toute hypothèse d'alliance. Une position qu'il a réaffirmée dans une tribune publiée ce mercredi.

Le temps du fond : un argument de campagne clé

La campagne démarre maintenant, les Parisiens commencent à s'intéresser aux projets et aux candidatures et je suis persuadé que beaucoup vont se décider dans la dernière ligne droite, confiait-il à 20 Minutes, mardi, dans une brasserie du centre de la capitale. Après avoir assisté à des semaines d'invectives entre les camps des favoris, qualifiées de chocs d'ego et de course à l'idée la plus saugrenue, il brandit son argument : l'heure est venue de parler du fond.

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Sur ce point, il compte faire la différence. Avec l'arrivée de l'équité du temps de parole, j'ai beaucoup à rattraper et nous avons quatre débats à venir. Après le 'bruit et la fureur', on va enfin pouvoir parler de programmes. Parce qu'à la fin, les Parisiens cherchent un maire, l'incarnation d'un projet pour six ans. Pas de savoir qui va s'écharper au Conseil de Paris.

Légitimité et offensives : un candidat qui se défend

S'il appelle à l'humilité, cela ne l'empêche pas de se présenter comme celui qui a la légitimité la plus forte, fort de 18 ans d'engagement politique à Paris. J'ai toujours été fidèle aux Parisiens, insiste-t-il. J'ai gagné des élections [il a été élu député de la 18e circonscription en 2017], j'en ai perdu mais j'ai toujours été constant dans cet engagement.

Il n'hésite pas non plus à se montrer offensif envers ses adversaires pour défendre son programme, comme pour étouffer toute idée d'alliance. D'Emmanuel Grégoire, candidat sortant, il dit qu'il est le candidat du mea culpa. Sur chaque sujet, il ne cesse de répéter qu'il n'a pas bien fait. Qu'il aurait pu faire mieux. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? On ne sait pas. On voit, en revanche, qu'il n'a plus de perspective, insiste-t-il.

Ses critiques les plus acerbes sont réservées à Rachida Dati, dont il fut conseiller lorsqu'elle était garde des Sceaux, allant jusqu'à la qualifier de personne en état d'ébriété narcissique. Des propos qui ont valu des répliques cinglantes de l'intéressée, le décrivant comme incarnant physiquement la droite la plus bête du monde. La ministre de la Culture aurait même évoqué, selon Le Nouvel Obs, une conspiration gay – ce qu'elle nie – après le ralliement de Renaissance et de Gabriel Attal à sa candidature, malgré le soutien du président de la République.

Une position de 'ni, ni' teintée d''en même temps'

À défaut d'adoubement, il emprunte à Emmanuel Macron une touche d'en même temps qui sied à sa posture de ni, ni. Il manque de virulence envers Anne Hidalgo au goût de certains Républicains parisiens qui l'accusent de gauchisation. Il concède à la majorité actuelle certaines réalisations (voies sur berges, pistes cyclables, végétalisation, etc.) tout en critiquant leur mise en œuvre ou leurs résultats.

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Il partage même avec Emmanuel Grégoire certaines idées, comme le métro ouvert toute la nuit auquel il ajoute un policier par rame, et a séduit deux figures nationales considérées à gauche du macronisme : Marlène Schiappa et Clément Beaune.

Un programme ancré à droite et des ambitions affirmées

Sur d'autres aspects, il affirme davantage sa position d'homme de droite. Il entend armer la police municipale et tripler ses effectifs, privatiser la propreté ou créer un choc d'offre sur le logement menant à la fin de l'encadrement des loyers. Pierre-Yves Bournazel aspire à écarter définitivement Rachida Dati pour prendre le leadership sur la droite parisienne. Il assure être le seul à pouvoir battre Emmanuel Grégoire au second tour, même si les derniers sondages ne confirment pas entièrement cette assertion.

Perspectives d'avenir : un candidat qui se projette

À gauche, on le regarde avec intérêt. Emmanuel Grégoire a exclu une alliance au second tour, mais la présence potentielle d'Insoumis au Conseil de Paris pourrait raviver des discussions. À droite, des figures comme Gérard Larcher tentent des réconciliations vaines avec Rachida Dati. Rachida aurait mieux fait de lui proposer quelque chose d'intéressant plutôt que de lui rentrer dedans. Elle est obligée de renifler du côté de Knafo maintenant, déplore un élu parisien.

Une stratégie perdante, selon le camp Bournazel : Il a le parisianisme chevillé au corps. Personne ne connaît la ville comme lui. S'il n'est pas gagnant en 2026, il sera maire en 2033. En tout cas, c'est ainsi qu'il se voit, prêt à marquer de son empreinte l'avenir politique de la capitale.