Meeting de Bournazel au Cirque d'Hiver : l'union sacrée des macronistes pour Paris
Bournazel au Cirque d'Hiver : l'union des macronistes pour Paris

Une soirée politique sous le chapiteau du Cirque d'Hiver

Avant de pénétrer dans l'arène du Cirque d'Hiver, les visiteurs croisent un homme derrière une table chargée d'exemplaires du livre La Bataille pour Paris de Pierre-Yves Bournazel, qu'il peine à écouler. Sous le dôme du chapiteau, l'ambiance est électrique. La députée Renaissance Olivia Grégoire se déhanche sur Le Reste de Clara Luciani, tandis que Florence Berthout, maire du 5ᵉ arrondissement et candidate à sa réélection, envoie des baisers à l'assemblée.

Les autres invités de marque prennent place : les députées Prisca Thévenot et Astrid Panosyan-Bouvet, la secrétaire générale déléguée d'Horizons Bérangère Abba, la ministre Annie Genevard. Ce meeting est censé être le point culminant d'une campagne qui patine sérieusement. Pierre-Yves Bournazel, convaincu d'incarner une troisième voie entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, pilonne le bilan des socialistes tout en se démarquant de la candidate LR.

La stratégie de "Monsieur Propre" face aux critiques

Il le répète inlassablement : il est Monsieur "propre", avec des élus "propres", qui ne baignent pas dans les affaires. Hors micro, cependant, les soutiens de Pierre-Yves Bournazel louent sa maîtrise des dossiers mais déplorent son "manque de charisme". "Nos propositions n'ont pas encore dépassé le mur du son. On est pris en étau entre Dati et les fous de LFI !" regrette un élu parisien présent dans la salle.

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L'arrivée des poids lourds : Attal et Philippe en renfort

Tout le monde attend avec impatience l'arrivée annoncée des anciens Premiers ministres Gabriel Attal et Édouard Philippe. Un casting très politique visant à renforcer l'attention médiatique, donner l'image d'une union solide et faire oublier les quelques défections de cadres Renaissance, ainsi que le soutien du MoDem à Rachida Dati.

Marlène Schiappa, ex-ministre évincée en 2023 et figure des débuts de la macronie, ouvre le bal et chauffe la salle malgré quelques rangées restées vides. Elle chante les louanges de Pierre-Yves Bournazel dont elle est la porte-parole – "un homme honnête" – rappelle sa "loyauté sans faille au président" – un clin d'œil à Gabriel Attal et Édouard Philippe, dépeints comme Brutus et Judas ? – et poursuit, 2027 en ligne de mire : "Dans un avenir très proche, nous ferons encore campagne tous ensemble."

Les ambitions présidentielles en toile de fond

Faut-il croire que Gabriel Attal, qui ne cache pas ses ambitions élyséennes, se rallierait à Édouard Philippe, déjà lancé dans la course ? Les deux hommes, aux relations parfois ombrageuses, jouent la complicité. Leur dernier meeting commun remonte à avril 2025. Près d'un an plus tard, ils soutiennent ensemble la candidature de Pierre-Yves Bournazel et ne se privent pas de se complimenter mutuellement.

Quand le patron de Renaissance termine son discours, Édouard Philippe embraye : "Merci à Gabriel Attal pour ces mots qui sont à la fois des mots de réconfort, d'enthousiasme et d'encouragement." Une fois assis, ils chuchotent entre eux, se tapotent l'épaule. Ils s'attachent, en cette soirée d'union sacrée pour "l'alternance à Paris", à réprimer leurs appétits personnels.

Les chapelles du macronisme réunies pour la cause

"Édouard Philippe ne surplombe plus tout le monde. L'instabilité politique provoque une accélération des parcours et des destins", dit-on dans l'entourage de Gabriel Attal. "Édouard Philippe considère que ses voix sont acquises mais oublie que ses électeurs sont macronistes", observe un ancien ministre présent dans la salle.

Pour l'instant, au jeu de l'applaudimètre au cœur du Cirque d'Hiver, c'est Édouard Philippe qui dispose d'un léger avantage sur son concurrent – ou plutôt son ami, à en juger par les tournures de phrases sirupeuses employées, les deux anciens locataires de Matignon se donnant du "cher Gabriel" et du "cher Édouard".

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Des références politiques opposées mais unies

Mais l'ex-socialiste et l'ex-LR exhument chacun des références politiques opposées. "Pour moi, le bilan d'Anne Hidalgo, c'est non. L'héritage de Bertrand Delanoë, c'est oui !" lance Gabriel Attal. "Moi, mon modèle à Paris, je le dis, Gabriel, c'est plutôt Chirac", lui répond Édouard Philippe. "Et alors ? Le rassemblement, ça ne veut pas dire prendre tous ceux qui pensent la même chose", ajoute-t-il.

Comme la matérialisation du "en même temps" s'étendant de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine. On a ainsi pu voir, dans ce raout politique, plusieurs chapelles du macronisme :

  • L'aile droite avec les anciens ministres de la Culture de droite Franck Riester et Renaud Donnedieu de Vabres
  • L'aile gauche, représentée par l'ancien ministre Clément Beaune et Philippe Grangeon, ancien conseiller d'Emmanuel Macron, déçu par la tournure prise par les quinquennats

À la fin de la soirée, Patricia, une militante Renaissance, se prend à espérer une alliance durable : "On va tous s'aimer à nouveau." Un vœu pieux dans le contexte des ambitions présidentielles qui se dessinent déjà pour 2027 ? La soirée du Cirque d'Hiver aura au moins montré une façade d'unité, même si les fractures internes au macronisme restent palpables.