Municipales à Bordeaux : Hurmic dénonce les méthodes macronistes et défend son bilan écologique
À l'approche du second tour des élections municipales, le maire sortant de Bordeaux, Pierre Hurmic, continue de fustiger les « méthodes » du camp macroniste après le retrait de Philippe Dessertine. Il défend avec vigueur son bilan écologique et ses mesures sociales, se présentant comme plus combatif que jamais dans cette ligne droite finale.
Un choix binaire et une campagne tendue
Pierre Hurmic estime que le choix électoral est désormais plus simple et plus binaire. Il oppose son projet, qu'il décrit comme celui d'une ville déjà engagée sur la trajectoire de la transition écologique et solidaire, classée parmi les mieux préparées d'Europe au changement climatique, à celui de son adversaire Thomas Cazenave. Selon lui, ce dernier n'offre rien de concret, se contentant d'incarner l'alternance et de reprendre la politique macroniste qui, selon Hurmic, abîme et affaiblit le pays depuis neuf ans.
L'ambiance de la campagne s'est nettement tendue depuis le retrait de Philippe Dessertine, survenu mardi 17 mars. Hurmic affirme que cet événement va influencer le scrutin, citant des électeurs choqués par les méthodes employées et l'arrogance de Thomas Cazenave. Il est persuadé qu'Emmanuel Macron est intervenu dans ce retrait, évoquant des pressions et des menaces, et souligne l'enjeu crucial pour le pouvoir macroniste de planter son drapeau à Bordeaux.
Une campagne recentrée sur les abstentionnistes et les quartiers populaires
Face à cette situation, Pierre Hurmic n'a pas changé sa stratégie de campagne. Il cherche à s'adresser au plus près à tous ceux qui ne souhaitent pas voir un représentant de Macron à Bordeaux, en ciblant particulièrement les abstentionnistes, notamment dans les quartiers populaires. Il met en avant ses mesures sociales sur le pouvoir d'achat, les solidarités, le logement ou les services publics, qu'il présente comme des actions d'une écologie juste.
Défense d'une écologie de terrain et justice sociale
Le maire sortant défend fermement ses décisions, comme la réduction de la place de la voiture, qui a permis de baisser la pollution de 35 % à Bordeaux. Il reconnaît que cela n'était pas populaire mais insiste sur l'impératif sanitaire. Pour lui, l'écologie de terrain est nécessaire pour éviter une écologie brutale plus tard, et l'inaction climatique constitue une dette pour le futur.
Pierre Hurmic lie étroitement transition écologique et justice sociale. Il rappelle que 42 % de la population bordelaise est en situation de vulnérabilité forte lors d'une canicule, principalement dans les quartiers populaires. Il cite des investissements récents, comme 5 millions d'euros pour le Grand-Parc et 28 millions pour le logement, ainsi que l'installation de centres de santé et la sauvegarde de services publics. Il admet toutefois des marges de progression concernant la concertation, promettant de mettre en place les « 30 quartiers de vie » pour une meilleure implication des habitants.
Réflexions sur l'exercice du pouvoir
Interrogé sur son évolution après six ans à la tête de Bordeaux, Pierre Hurmic reconnaît que l'exercice du pouvoir l'a changé. Il confronte quotidiennement son éthique de conviction à celle de responsabilité, face aux réalités du terrain. Ces débats éthiques, selon lui, sont passionnants et permettent de grandir, même s'ils soulèvent des questions qu'il ne se posait pas avant d'être en responsabilité.
Dans l'ensemble, Pierre Hurmic se présente comme un défenseur acharné d'une écologie pragmatique et sociale, tout en dénonçant avec force les manœuvres politiques de ses adversaires. Le second tour des municipales à Bordeaux s'annonce donc comme un duel intense, où les enjeux écologiques et les méthodes de campagne seront au cœur des débats.



