François Bayrou vise un troisième mandat à Pau : entre bilan local et polémiques nationales
Bayrou à Pau : troisième mandat en jeu entre bilan et polémiques

François Bayrou en quête d'un troisième mandat à la mairie de Pau

À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, François Bayrou prétend à un troisième mandat consécutif à la tête de la ville de Pau. Ses adversaires politiques cherchent à déloger le maire de la place Royale en mettant en avant son passage raté à Matignon et son rôle controversé dans l'affaire Bétharram.

Les Palois face au bilan de leur maire

Pour comprendre l'opinion des habitants, il faut se rendre au marché du quartier populaire Saragosse, près d'un stand de fromage de la vallée d'Ossau. Les avis sont partagés mais convergent sur un point : François Bayrou a fait beaucoup pour la ville.

Josette, une fidèle électrice, déclare : « Je l'adore, il a fait beaucoup pour la ville ». Maurice, qui ne votera jamais pour lui, reconnaît malgré tout : « Je ne l'aime pas mais il faut reconnaître qu'il a fait beaucoup pour la ville ». Élodie, encore indécise, exprime ses doutes : « Je suis mitigée, il a fait beaucoup pour la ville mais il faut aussi regarder ce qu'il y a derrière le vernis ».

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Le « maire bâtisseur » face aux critiques

À 74 ans, le Béarnais a construit son image de « maire bâtisseur » avec des réalisations concrètes : les Halles rénovées, le centre-ville embelli, le bus à hydrogène Febus, le pôle multimodal de la gare, ou encore la passerelle de la gare. La ville est incontestablement plus présentable selon ses partisans.

Mais Élodie, habitante du quartier Saragosse depuis trente-neuf ans, tempère cet enthousiasme : « Les façades sont jolies désormais mais à l'intérieur, rien n'a bougé ». Le parvis du quartier Saragosse et les rues avoisinantes ont certes été entièrement refaits, mais les transformations ne seraient pas aussi profondes qu'elles n'y paraissent.

Les polémiques nationales au cœur de la campagne

Les controverses s'accumulent comme les sommets des Pyrénées visibles depuis le bureau du maire. François Bayrou y répond avec fermeté :

  • Sur l'affaire Bétharram : « Un drame pour les victimes, une machination de LFI »
  • Sur son passage à Matignon (270 jours) : « Les Palois sont heureux de me voir maire à plein temps »
  • Sur sa proximité avec Emmanuel Macron : « Les Palois me connaissaient avant lui. Ils savent ce que j'ai fait pour la ville »

Le maire défend sa présence à Paris comme nécessaire : « Je suis à Pau 5 jours sur 7. Et il faut être à Paris pour ramener les subventions », citant en exemple Jacques Chaban-Delmas, Alain Juppé ou Jean-Claude Gaudin qui, selon lui, n'ont pas métamorphosé leur ville en restant dans leur bureau.

L'opposition se structure

Pour Jean-François Blanco, candidat soutenu par LFI, l'affaire Bétharram « sera la toile de fond des élections ». L'avocat, qui défend plusieurs victimes, accuse François Bayrou d'avoir « choisi de protéger sa famille religieuse plutôt que de protéger ses enfants ».

Le socialiste Jérôme Marbot, qui arbore la pancarte de rassembleur à gauche (PS, EELV, PCF), reconnaît que « François Bayrou a fait des choses bien pour Pau » mais estime qu'il « n'est plus adapté aux enjeux de notre époque ». Il propose notamment une tarification sociale pour la cantine et la gratuité progressive des transports en commun.

Le Rassemblement national présente sa jeune candidate Margaux Taillefer, 26 ans, qui a milité chez Les Républicains et chez Reconquête. Son score sera scruté de près, tout comme la capacité de la gauche à réaliser l'union entre les deux tours.

Les arguments démographiques du maire sortant

Avec 5 000 habitants supplémentaires en trois ans, Pau a de nouveau dépassé la barre des 80 000 habitants. François Bayrou y voit « un plébiscite » : « Les électeurs votent avec les pieds. S'ils partent, c'est un désaveu mais s'ils arrivent, c'est une adhésion. Pau était une ville en effondrement, c'est une ville en épanouissement ».

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Le maire promet la construction d'une quatrième tribune au Hameau et affirme ne rater « jamais un match de la Section Paloise ». Ses ambitions présidentielles sont désormais rangées au placard : « Mon seul objectif, c'est Pau ».

Une campagne aux multiples enjeux

La sécurité, la proximité, les grands projets et le commerce de centre-ville seront au cœur des débats. La capacité de la gauche à s'unir entre les deux tours, ce qu'elle n'a pas totalement réussi à faire en amont, sera déterminante pour le scrutin.

Les autres candidats incluent Philippe Arraou (ex-MoDem, liste citoyenne), Pascal Boniface (ex-PS et ex-adjoint de Bayrou, liste citoyenne) et Cyrille Marconi (Lutte Ouvrière). Les élections municipales à Pau s'annoncent particulièrement indécises, avec un maire sortant qui mise sur son bilan local face à des adversaires déterminés à exploiter les polémiques nationales.