En déplacement officiel à Madrid, Emmanuel Macron a réagi ce mercredi 30 septembre à la publication par Mediapart d'écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Le chef de l'État a appelé les responsables du parti à « clarifier la ligne, les mots, les gens dans leur parti », lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.
Des propos « gravissimes et inacceptables »
« Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables, et ils ne souffrent pas quelque commentaire que ce soit, ils appellent à la condamnation la plus extrême », a déclaré Emmanuel Macron. Il a également déploré « la violence langagière » du Rassemblement national, qu'il juge « inacceptable », notamment à l'égard des opposants et des médias, « organisateurs de ce débat ».
Le président a souligné que cette violence verbale « conduit toujours après à une escalade », en référence aux tensions suscitées par l'enquête de Mediapart.
Les faits reprochés à Jordan Bardella
Mediapart a rapporté lundi 28 septembre des messages datant de 2013, lorsque Jordan Bardella était jeune militant du Front national. Dans une conversation, il aurait écrit : « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », ainsi que « Et c'est ce qu'ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale » et « Les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l'intérêt bancaire priment sur les intérêts français ».
Jordan Bardella a « formellement » contesté ces accusations auprès du journal d'investigation, dénonçant des « faux grossiers ». Il a également porté plainte en diffamation, affirmant que « tout sera fait pour m'abattre politiquement ».
Le soutien de Marine Le Pen et la menace contre Mediapart
Marine Le Pen a réaffirmé mardi 29 septembre sa « confiance absolue » en Jordan Bardella, tout en prenant pour cible Mediapart, qu'elle menace de représailles. Le site d'information a dénoncé des propos d'une « violence sidérante » et promis de nouvelles « révélations » sur le président du RN.
Cette affaire intervient alors que le Rassemblement national tente de renforcer sa crédibilité. Les écrits exhumés par Mediapart pourraient percuter la stratégie du parti, qui cherche à se démarquer de son passé polémique.
Emmanuel Macron n'a pas commenté directement la suite judiciaire, mais son appel à la clarification intervient dans un contexte où le RN doit répondre de ses positions et de son langage politique.