Un tsunami électoral à Hyères
La victoire écrasante de la liste conduite par Véronique Bernardini aux élections municipales de Hyères a créé l'effet d'un véritable tsunami politique, prenant par surprise son propre camp comme ses concurrents. Avec un score impressionnant de 48,83% des voix, cette élection marque un tournant historique pour la commune varoise.
1. Installation officielle samedi
Bien que la liste Hyères ensemble ait remporté le scrutin de manière incontestable, Véronique Bernardini n'est pas encore officiellement élue maire. Rappelons que ce sont les élus du conseil municipal qui désignent parmi eux le premier magistrat. Une formalité pour la candidate, qui dispose de 34 élus issus de sa liste sur les 45 sièges à pourvoir.
La séance d'installation est prévue samedi 28 mars 2026 à 10 heures dans la salle du conseil municipal. Compte tenu du nombre limité de places disponibles pour le public, l'équipe Hyères ensemble annonce qu'une retransmission sera proposée dans la salle des mariages.
2. « Maire de tous les Hyérois »
Dans un communiqué diffusé après sa victoire, Véronique Bernardini a tenu à remercier chaleureusement les Hyéroises et les Hyérois pour leur confiance. « Je tiens à préciser que je serai la maire de tous les Hyérois », a-t-elle promis, insistant sur sa volonté de rassemblement.
La candidate s'est également dite « très heureuse et fière » de son équipe, qu'elle qualifie de « magnifique » et ayant démontré « son sérieux, sa cohésion et sa cohérence » tout au long de la campagne électorale.
3. Première femme maire de l'histoire de Hyères
Un fait historique a été à peine souligné durant la soirée électorale : Véronique Bernardini devient la première femme à accéder au fauteuil de maire de Hyères. « Ce n'est pas un sujet en soi, mais c'est une réalité », commente l'intéressée avec pragmatisme.
Elle ajoute : « Le score incroyable qu'on a fait montre probablement que les Hyérois ont senti que le fait d'être une femme permet d'aborder les sujets différemment, avec un peu plus d'humanité, d'écoute et de douceur. » Des caractéristiques qui tranchent, selon elle, avec le style de gouvernance de son prédécesseur.
4. L'absence annoncée de Jean-Pierre Giran
Balayé par le tsunami électoral, le maire sortant Jean-Pierre Giran ne devrait pas siéger dans l'opposition selon son entourage. Il ne serait même pas présent au conseil d'installation prévu samedi.
Interrogée sur le communiqué laconique du maire sortant, son absence lors de la proclamation des résultats et l'annonce d'une probable défection samedi, Véronique Bernardini reste sobre : « Je n'ai aucune nouvelle, je ne l'ai même pas eu au téléphone. Je ne ferai pas de commentaire, moi j'avance. »
Rappelons que Jean-Pierre Giran doit cependant assurer la permanence à la présidence de la Métropole Toulon Provence Méditerranée jusqu'au renouvellement du bureau métropolitain, probablement à la mi-avril.
5. Composition de l'équipe d'opposition
Les résultats envoient les cinq premiers membres de la liste Giran - Cornileau au conseil municipal, plus un siège au conseil métropolitain. François Cornileau annonce que Chantal Portuese et lui-même, issus de l'Union des Hyérois, siégeront effectivement.
Initialement sur la liste Gardons le cap, Sophie Mana, Sébastien Fratellia et Edwige Marino devraient les accompagner. Cependant, selon des indiscrétions recueillies, Edwige Marino aurait fait le choix de se retirer. Le cinquième siège du groupe d'opposition devrait donc revenir à David Girard, ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Giran.
6. François Cornileau promet une opposition « constructive »
Concédant que le score de la liste Bernardini assure une victoire « sans appel », François Cornileau affirme vouloir rester « pleinement engagé pour sa ville ». « Ça fait douze ans que je suis élu au conseil municipal et je rentre désormais dans une opposition constructive et vigilante », déclare-t-il.
Le candidat glisse avec une pointe d'amertume : « Prenons le temps de voir comment ça se passe et laissons la chance à Véronique Bernardini et son équipe d'agir de façon correcte pour Hyères. En tout cas plus correcte que ce qui a été montré pendant la campagne », faisant référence à des accusations de manipulations sur les réseaux sociaux.
Interrogé sur la fusion de sa liste avec celle de Jean-Pierre Giran qui a enregistré environ 2.000 bulletins de moins qu'au premier tour, il évoque « l'envie de changement des Hyérois » et estime que « Jean-Pierre Giran n'aurait pas dû solliciter un troisième mandat ».
7. Le Rassemblement National voit « une étape »
« Ce n'est pas une défaite, c'est une étape », assure Jean-Michel Eynard-Tomatis, candidat du Rassemblement National qui a recueilli 16,13% des voix. Il perçoit qu'« un renouveau se profile à Hyères » et se félicite de la progression de son parti.
« Nous sommes en progression avec un nombre d'élus en augmentation au conseil municipal. La dynamique est là, elle est réelle, elle est puissante. Le combat continue », affirme-t-il. Le groupe Rassemblement National compte désormais trois élus au conseil municipal, et Jean-Michel Eynard-Tomatis siégera également à la Métropole TPM.
8. L'analyse de Nicolas Massuco : « de l'anti-Giran »
« Le deuxième tour, c'était de l'anti-Giran et c'est le vote utile qui l'a emporté », analyse Nicolas Massuco, candidat ayant obtenu 14,62% des voix. Selon lui, « les électeurs ont pensé que la seule candidate en capacité de battre le maire sortant était Véronique Bernardini et elle a récupéré toutes les voix ».
« On ne s'attendait pas à ce qu'elle totalise 48%... mais personne ne s'y attendait », reconnaît-il. Le candidat se réjouit cependant de renforcer la présence de son groupe au conseil municipal, passant de deux à trois élus, même s'il n'aura pas de représentant à la Métropole TPM.
9. Jacques Politi se réjouit du « climat de paix »
« Certains ont cru que la ville leur appartenait, ils se sont lourdement trompés », commente l'ancien maire Jacques Politi, soutien affiché et très présent dans la campagne de Véronique Bernardini. Dans un communiqué, il estime qu'un « espoir sincère renaît » à Hyères.
L'ancien premier magistrat de la ville (2008-2014), battu aux deux dernières élections municipales par Jean-Pierre Giran, confie se réjouir « de voir Hyères retrouver enfin un climat de paix, de sérénité, et de probité, conditions essentielles pour que notre commune avance ».
Le soutien de plusieurs de ses anciens colistiers à Véronique Bernardini a valu à cette dernière d'être accusée par certains adversaires, dont le maire battu, de conduire une liste « Bernardini - Politi », ce dont elle s'est toujours défendue.
10. Une abstention remarquablement stable
Le taux de participation constitue l'un des chiffres les plus stables du scrutin entre les deux tours. Le 15 mars, 23.617 électeurs ont voté, représentant 58,03% de participation. Dimanche, ils ont été 23.882, soit 58,67%.
La classe 3 de l'école Paul-Long, en centre-ville, est le bureau qui enregistre la plus forte participation avec 67,3% des électeurs ayant voté. À l'opposé, les électeurs inscrits dans la classe 1 de l'école Val des Pins sont ceux qui ont le moins participé au scrutin avec seulement 41,5% de participation.
11. Les îles font entendre leur voix différemment
Malgré un score global impressionnant de 48,83%, la liste Hyères ensemble ne réalise pas le grand chelem dans tous les bureaux de vote. Elle termine en tête dans quarante-neuf bureaux mais en laisse deux aux autres concurrents.
Les îles ont décidé de se démarquer : Port-Cros préfère Jean-Pierre Giran (8 bulletins sur les 16 exprimés), tandis que Le Levant confirme, comme au premier tour, pencher vers Nicolas Massuco avec 57,58% des 66 voix exprimées.
Porquerolles ne voulait pas être en reste et a trouvé un moyen de se faire remarquer : le bureau de la salle du commandant offre en effet la plus large victoire à Véronique Bernardini, où elle a convaincu 59,51% des 205 électeurs qui se sont exprimés.
Cette élection municipale marque donc un tournant historique pour Hyères, avec l'arrivée de la première femme maire, un renouvellement complet de la majorité municipale, et des équilibres politiques profondément modifiés. Les prochains mois permettront de voir comment se concrétiseront les promesses de renouveau et de rassemblement portées par la nouvelle équipe municipale.



