Antonio José Seguro élu président du Portugal avec 66,8% face à l'extrême droite
Seguro élu président du Portugal, Ventura confirme son ancrage

Le socialiste Antonio José Seguro élu président de la République portugaise

Le socialiste Antonio José Seguro a été élu, dimanche 8 février 2026, président de la République portugaise avec un score écrasant de 66,8% des suffrages exprimés. Il l'emporte face au leader d'extrême droite André Ventura, fondateur du parti Chega (« ça suffit »), qui obtient 33,2% des voix. L'élection s'est déroulée à Caldas da Rainha, où les résultats ont été annoncés dans une atmosphère tendue mais démocratique.

Une victoire large mais un adversaire qui progresse

Si l'ampleur de l'écart entre les deux candidats témoigne d'une forte mobilisation des électeurs contre l'extrême droite, le score de M. Ventura mérite une analyse approfondie. En effet, avec 33,2% des voix, il réalise une progression significative par rapport aux résultats de son mouvement aux législatives de mai 2025. Cette performance confirme son ancrage durable dans le paysage politique portugais et en fait désormais un acteur central et disruptif de la recomposition politique du pays. Son parti, Chega, continue de séduire une part non négligeable de l'électorat, posant des défis majeurs pour la gouvernance future.

Le parcours et la stratégie du nouveau président

Antonio José Seguro, âgé de 63 ans, est un ancien secrétaire général du Parti socialiste, ayant occupé cette fonction de 2011 à 2014. Il était déjà arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle, le 18 janvier, avec 31,1% des voix. Longtemps resté en retrait de la vie publique après ses fonctions passées, il a su mener une campagne habile et rassembleuse. Durant la campagne électorale, il a bénéficié du soutien de personnalités politiques issues de divers horizons, allant de l'extrême gauche au centre et même à la droite modérée.

Parmi ses soutiens les plus notables, on compte l'ancien président et premier ministre Anibal Cavaco Silva, l'ancien vice-premier ministre Paulo Portas, et le maire de Lisbonne, Carlos Moedas. Cette coalition large lui a permis de dépasser les clivages traditionnels et d'apparaître comme un candidat de l'unité nationale face à la montée de l'extrême droite.

Un discours présidentiel axé sur l'unité et la collaboration

Peu après l'annonce de sa victoire, M. Seguro s'est immédiatement positionné en président rassembleur. Dans son discours, il a affirmé avec force vouloir être le « président de tous les Portugais », qu'ils aient voté pour lui ou non. Il a déclaré : « En tant que démocrate, tous ceux qui se sont présentés méritent mon respect. »

Il a ajouté, dans un esprit de conciliation : « À partir de ce soir, nous cessons d'être adversaires et nous partageons le devoir de travailler pour un Portugal plus développé et plus juste. » Le nouveau président a également promis d'entretenir « des relations fructueuses avec le Parlement et le gouvernement », soulignant son intention de collaborer étroitement avec les autres institutions pour mener à bien les réformes nécessaires.

Les implications pour l'avenir politique du Portugal

Cette élection marque un tournant important dans la politique portugaise. D'un côté, la large victoire d'Antonio José Seguro montre une résistance forte à l'extrême droite et un désir de stabilité. De l'autre, la progression d'André Ventura indique que les divisions politiques persistent et que Chega reste une force avec laquelle il faudra compter. Le défi pour M. Seguro sera de maintenir l'unité nationale tout en répondant aux préoccupations qui alimentent le vote d'extrême droite.

Les prochains mois seront cruciaux pour observer comment le nouveau président mettra en œuvre ses promesses de collaboration et de justice sociale, dans un contexte où les attentes sont élevées et les clivages profonds.