Municipales à Toulon : les rebondissements d'une campagne historique après 25 ans de règne
Les élections municipales se sont achevées ce dimanche à Toulon après des mois de tractations intenses, de revirements surprenants et de passes d'armes politiques. Cette campagne a marqué la fin d'une ère de domination ininterrompue qui durait depuis un quart de siècle.
La fin d'une domination de 25 ans
Cela faisait exactement vingt-cinq ans que Toulon n'avait pas connu une campagne électorale aussi disputée et imprévisible. Hubert Falco, l'ancien maire, avait exercé une mainmise si forte sur la ville que les résultats des précédentes municipales ne laissaient pratiquement aucune place à la surprise. À chaque scrutin, il remportait l'élection largement, et ce dès le premier tour.
Sa condamnation par la justice en 2023 a totalement bouleversé le paysage politique local. Les ambitions se sont aiguisées aussi bien dans son propre camp que chez les adversaires traditionnels, créant une situation inédite où plusieurs prétendants sérieux se sont déclarés.
La montée en puissance des candidats
Dès septembre 2024, le sénateur LR Michel Bonnus relançait son association Générations toulonnaises et ne cachait quasiment plus son ambition de devenir maire. En mars 2025, Magali Brunel était désignée par l'assemblée populaire de Toulon en commun pour mener la candidature d'une gauche quasi unie.
Le mois de mai 2025 a vu Laure Lavalette du Rassemblement national créer son propre mouvement pour Toulon, tandis que le 28 du même mois, Hubert Falco était définitivement condamné par la justice. En juin, Josée Massi, à la tête de la mairie depuis 2023, se déclarait « légitime » pour prolonger son mandat et recevait le soutien d'Hubert Falco.
Les revirements stratégiques
Septembre 2025 a marqué un tournant important avec la volte-face de l'ancien maire de Toulon qui choisissait finalement d'adouber Michel Bonnus. Ce dernier organisait alors son premier meeting de campagne officiel.
En janvier 2026, Laure Lavalette, députée Rassemblement national, officialisait sa candidature, ce qui n'était plus un secret pour personne. Josée Massi sortait également du bois, mais aucun accord n'avait été trouvé avec Michel Bonnus pour partir rassemblés. Les candidats aux municipales étaient désormais tous connus et la campagne s'emballait véritablement.
Les sondages et le débat décisif
En janvier et février 2026, plusieurs sondages étaient publiés, d'abord par un collectif d'entrepreneurs nommé Un bouclier pour Toulon, puis par Var-matin. Ces enquêtes prédisaient une large avance pour Laure Lavalette au premier tour, avec Josée Massi devant Michel Bonnus. La maire sortante apparaissait d'ailleurs comme la seule en mesure de battre la députée de la deuxième circonscription.
Le 5 mars 2026, en partenariat avec BFM Var, Var-matin organisait un grand débat rassemblant cinq des six candidats. Ce fut l'unique moment où ils se sont retrouvés ensemble pour exposer leur projet devant les caméras, un événement médiatique majeur dans cette campagne serrée.
Le verdict des urnes
Le 15 mars 2026, le premier tour rendait son verdict : Laure Lavalette obtenait 42 %, Josée Massi 29,5 %, Michel Bonnus 15,7 %, Magali Brunel 8,38 % et Isaline Cornil de La France Insoumise 3,8 %.
Le 22 mars 2026, les Toulonnais n'avaient plus le choix qu'entre deux candidates, Michel Bonnus s'étant retiré. Ils ont offert à Josée Massi une véritable « remontada » en lui accordant 52,3 % des voix au second tour, un retournement de situation spectaculaire qui a marqué la fin de cette campagne historique.



