Une victoire étroite contestée à Lyon
L'issue du second tour des élections municipales à Lyon suscite la polémique. Jean-Michel Aulas, candidat de la droite et du centre soutenu par Les Républicains et Renaissance, a annoncé son intention de déposer des recours pour contester la réélection du maire écologiste sortant Grégory Doucet.
Des résultats serrés qui divisent
Selon les chiffres définitifs communiqués par la ville de Lyon, Grégory Doucet a obtenu 104.702 voix, représentant 50,67% des suffrages exprimés. Son adversaire Jean-Michel Aulas a quant à lui récolté 101.940 voix, soit 49,33% des votes. Une différence de seulement 2.762 bulletins sépare ainsi les deux candidats.
Ces résultats définitifs diffèrent sensiblement des premières estimations qui donnaient le candidat écologiste à 54% contre 46% pour son rival. Au premier tour, la course était déjà extrêmement serrée avec 37,36% des voix pour Grégory Doucet contre 36,78% pour Jean-Michel Aulas.
Des allégations d'irrégularités
Sur les marches de la préfecture vers 23h30, Jean-Michel Aulas, homme d'affaires de 77 ans et ancien président de l'Olympique lyonnais, a déclaré : « La marge d'erreur est très petite ». Il affirme avoir constaté « tout au long de la journée » des « irrégularités » sans toutefois fournir de détails précis.
« Les résultats sont différents de ceux annoncés au départ et il y a un certain nombre de choses qui nous semblent répréhensibles », a-t-il insisté, tout en précisant qu'il reconnaîtrait sa défaite si elle était officiellement confirmée. Il a même démenti ses propres déclarations antérieures en indiquant qu'il siégerait au conseil municipal dans l'opposition en cas de validation des résultats.
Des réactions contrastées dans les camps adverses
Anaïs Belouassa Cherifi, candidate La France Insoumise qui a rejoint la liste de Grégory Doucet, a vivement critiqué l'attitude de Jean-Michel Aulas : « Lorsqu'on perd, on admet sa défaite avec honneur et prestance, et ce qu'est en train de faire Jean-Michel Aulas est tout le contraire ».
De son côté, Grégory Doucet a réaffirmé sa « confiance dans les agents publics » et déclaré ne « pas comprendre » les allusions de son adversaire. « À Lyon, la victoire elle est claire. À la métropole, on aura du fil à retordre », a-t-il ajouté, promettant de « mettre un rempart à des politiques de régression et rétrogrades ».
Une consolation pour Aulas à la métropole
Malgré sa défaite municipale, Jean-Michel Aulas s'est dit « heureux d'avoir gagné la métropole ». Sa liste « Grand cœur lyonnais » a remporté dix circonscriptions sur quatorze à la métropole de Lyon, ce qui représente selon lui « une alternance totale pour la collectivité ».
Il a affirmé qu'il jouerait « un rôle important » à la métropole, comme il l'a « fait dans la constitution de Grand cœur de Lyon ». Pour lui, « un objectif a été atteint » et un « deuxième n'est pas atteint mais n'est pas irréalisable ».
La vision de Doucet pour Lyon
Dans son discours de victoire, Grégory Doucet a souligné que la métropole et la ville étaient des « collectivités locales différentes » avec des « prérogatives distinctes ». Il a estimé qu'il faudrait « travailler ensemble comme on a besoin de travailler avec la région, l'État », réfutant le terme de « cohabitation ».
Plus tôt dans la soirée, depuis son QG de campagne, le maire réélu avait assuré que la population pouvait « compter sur lui » et sur les maires d'arrondissements élus pour porter le projet de l'union de la gauche et des écologistes.
« Le peuple lyonnais s'est exprimé dans les urnes et j'aurai la responsabilité de les représenter pendant les prochaines années », avait-il déclaré, promettant d'être « un maire à hauteur d'habitants » pour tous les Lyonnais « quel que soit votre parcours de vie, votre origine, vos choix personnels ».
Ces élections municipales de 2026 à Lyon illustrent ainsi les divisions politiques persistantes dans la troisième ville de France, avec une victoire écologiste contestée et des perspectives de gouvernance complexe entre ville et métropole.



