Lutte Ouvrière lance sa première liste municipale à Périgueux pour 2026
À l'extrême gauche de l'échiquier politique, le parti révolutionnaire Lutte Ouvrière (LO) officialise sa participation aux élections municipales de 2026 à Périgueux. La liste, une première dans la ville, est conduite par Jonathan Almosnino, un professeur d'histoire-géographie de 38 ans, qui incarne la figure de proue de ce mouvement trotskiste en Dordogne.
Un credo révolutionnaire au cœur de la campagne
Lors d'une distribution de tracts sur le marché de la rue Taillefer, un samedi matin animé, Jonathan Almosnino a exposé sa vision avec conviction. « Porter la voix du camp des travailleurs » et affirmer que « la lutte des classes, ce n'est pas fini » constituent le socle de son engagement. Les documents, siglés de la faucille et du marteau, symbolisent cette idéologie marxiste résolument tournée vers la contestation du pouvoir bourgeois.
La liste a été déposée en préfecture le lundi 16 février, marquant une étape historique pour LO à Périgueux. Jonathan Almosnino, bien que novice dans cette ville, n'en est pas à sa première expérience électorale. Il a déjà brigué des mandats lors de municipales en région parisienne, où il enseigne dans un collège classé en réseau d'éducation prioritaire, tout en effectuant régulièrement la navette avec le Périgord. Ses candidatures aux législatives à Bergerac en 2022 et à Périgueux en 2024, où il a obtenu 1,27 % des voix, loin derrière la députée RN Nadine Lechon, témoignent de sa persévérance.
Une campagne axée sur la dénonciation du système
Jonathan Almosnino anticipe une élimination dès le premier tour, prévu le 15 mars, mais cela ne diminue pas sa détermination. « On conteste le pouvoir de la bourgeoisie ici comme ailleurs, on veut faire entendre la voix du camp des travailleurs et sa colère. Il n'y a qu'au premier tour qu'on pourra le faire », explique-t-il. Pour lui, l'objectif n'est pas de gagner des sièges, mais de porter un message radical contre l'ordre établi.
En ce qui concerne les propositions concrètes pour Périgueux, Almosnino adopte une posture critique envers les programmes traditionnels. « Notre programme, c'est la liste elle-même. Il y a des ouvriers, des soignants, des retraités, etc. On sait ce que c'est de galérer », affirme-t-il. Il rejette les catalogues de mesures qu'il juge superficiels, comme la végétalisation des cours d'école, en soulignant des problèmes plus fondamentaux : « À quoi ça sert de végétaliser des cours d'école quand les enfants ont un logement insalubre ou s'ils n'ont pas d'enseignant ? À quoi ça sert de faire une maison de santé si les urgences sont fermées ? » Sa vision est claire : renverser le système plutôt que de le réformer.
Une mobilisation sur le terrain et en ligne
Lors de la distribution, une dame s'est arrêtée pour prendre un tract, avec en tête un éditorial de Nathalie Arthaud, avant de demander : « C'est quand, les élections ? » Cette interaction illustre l'effort de sensibilisation de LO auprès du grand public. Pour amplifier son message, le parti organise une réunion le jeudi 12 mars à 18 heures à la maison de quartier Saint-Martin. La liste est également active sur les réseaux sociaux, avec une présence sur Facebook, X (anciennement Twitter) et TikTok, et peut être contactée via l'adresse lo.dordogne@gmail.com.
Cette campagne, bien que minoritaire, s'inscrit dans une tradition de résistance ouvrière et vise à maintenir une alternative politique radicale dans le débat public périgourdin.



