Le Rassemblement national enregistre une progression fulgurante aux élections municipales
Ce n'est pas un raz-de-marée, mais la progression du Rassemblement national (RN) aux élections municipales reste fulgurante. Fort de plusieurs dizaines de victoires au second tour, le parti à la flamme s'est félicité d'une « percée historique », bien qu'il n'ait pas réussi à briser le « plafond de verre » des grandes villes comme Toulon, Nîmes ou Marseille.
Marine Le Pen salue une « très bonne soirée » et une foison de victoires
Interrogée hier soir, l'ancienne présidente du parti, Marine Le Pen, a assuré avoir passé « une très bonne soirée ». Effacés, les semi-échecs à répétition aux municipales. Cette fois-ci, elle a pu se targuer, devant la caméra de France 2, d'une « foison de petites villes et de villes moyennes gagnées par le Rassemblement national ».
55 communes RN de plus de 3.500 habitants et un contingent d'élus multiplié par six
La semaine dernière, la formation d'extrême droite avait doublé son nombre de maires dès le premier tour. Une stratégie efficace puisque 24 communes avaient été glanées du premier coup, dont une dizaine de sortants réélus, à l'instar de Louis Aliot à Perpignan.
Au final, le RN « multiplie par six ou par sept » son contingent d'édiles. Selon les résultats publiés par le ministère de l'Intérieur après dépouillement complet (hors Polynésie), les listes du RN et alliés ciottistes ont remporté 55 communes de plus de 3.500 habitants, dont 38 au second tour, après 17 au premier.
Les listes RN ont, en outre, fait élire 3.006 conseillers municipaux, premier et second tours confondus, soit près du double du précédent record de 1.544 élus atteint lors des élections municipales de 2014.
Des conquêtes un peu partout, du nord au sud de l'Hexagone
Parmi les principales prises de la soirée, ses candidats l'emportent notamment à Carcassonne (préfecture de l'Aude) et Castres (sous-préfecture du Tarn). Et les conquêtes sont également nombreuses dans sa zone de force de l'arc méditerranéen, d'Agde (Hérault) à Menton (Alpes-Maritimes) en passant par La Seyne-sur-Mer (Var).
Idem en remontant le Rhône, de Tarascon (Bouches-du-Rhône) à Bagnols-sur-Cèze (Gard), jusqu'à Orange (Vaucluse) où le RN renverse son ex-allié Jacques Bompard, cofondateur du Front national, exclu il y a vingt ans. Forte charge symbolique aussi à Carpentras, où le parti a longtemps été associé, à tort, à la profanation du cimetière juif en 1990.
À l'autre bout de l'Hexagone, le mouvement enregistre aussi une série de succès dans le bassin minier du Pas-de-Calais, en particulier dans le bastion socialiste de Liévin. Et d'autres villes ont été gagnées en Lorraine (Amnéville et Saint-Avold en Moselle, Val-de-Briey en Meurthe-et-Moselle), mais aussi dans le Loiret (Montargis, Amilly) et dans la Sarthe (La Flèche).
Jordan Bardella célèbre la plus grande percée de l'histoire du RN
Au bout du compte, « le Rassemblement national et ses candidats réalisent la plus grande percée de toute son histoire », a résumé Jordan Bardella dans une courte allocution, hier soir, depuis le siège parisien du parti. « Jamais le RN et ses alliés n'ont compté autant d'élus sur le territoire français », a-t-il insisté, incluant les gains de l'UDR d'Éric Ciotti victorieux à Nice.
Les grandes villes restent hors d'atteinte malgré les avances
Mais le parti d'extrême droite a tout de même essuyé quelques déconvenues dans les grandes villes. À Toulon notamment, malgré une large avance de la candidate RN, Laure Lavalette, au premier tour, et dans une moindre mesure à Nîmes, où le RN, Julien Sanchez, était lui aussi arrivé premier d'une courte tête, le 15 mars. Tout comme à Marseille, où le candidat d'extrême droite, Franck Allisio, avait presque fait jeu égal avec le sortant socialiste, Benoît Payan, finalement largement réélu.
Cette progression marque une étape significative pour le RN, qui consolide sa présence dans les territoires, même si les métropoles résistent encore à son ascension.



