Emmanuel Grégoire écrase Rachida Dati et devient maire de Paris avec une victoire historique
Grégoire écrase Dati, victoire historique à la mairie de Paris

Une victoire écrasante pour Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris

On le disait discret, effacé, voire trop « techno », mais Emmanuel Grégoire, 48 ans, a été ovationné comme une véritable star ce dimanche soir. À 21 h 20, devant un millier de partisans galvanisés, le candidat des socialistes et des écologistes a célébré une victoire d'une ampleur inattendue, avec au moins dix points d'avance sur sa principale adversaire, Rachida Dati. Le député socialiste, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, l'emporte avec 50 à 53 % des voix selon les estimations, contre 37 à 40 % pour l'ancienne ministre de la Culture LR, et 8 à 11 % pour Sophia Chikirou (LFI).

Une soirée de triomphe à la Rotonde

Signe d'une confiance certaine dans le verdict des urnes, l'équipe d'Emmanuel Grégoire avait choisi d'organiser sa soirée électorale à la Rotonde, une salle de concert située à la jonction du canal Saint-Martin et du bassin de la Villette. Le site était hérissé d'écrans géants pour l'occasion, créant une atmosphère de fête et de célébration. Par contraste, l'équipe de Rachida Dati avait prudemment opté pour la petite permanence de la candidate, reflétant l'ambiance plus morose de son camp.

« Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », s'est félicité Emmanuel Grégoire dans son discours de victoire. Il a salué « la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, un Paris progressiste, un Paris populaire ». Le candidat a également assumé jusqu'au bout son refus de toute alliance avec La France Insoumise (LFI), un choix qui sera sans doute brandi en exemple par les opposants, au sein du Parti Socialiste, aux rapprochements avec la formation de Jean-Luc Mélenchon.

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La déroute cuisante de Rachida Dati et de la droite

Pour Rachida Dati, soutenue par Les Républicains et le MoDem, la défaite est amère. Elle avait souvent décrit la conquête de la capitale comme « le projet de sa vie », multipliant les interventions sur les réseaux sociaux avec des vidéos tonitruantes, aux accents qualifiés de « trumpistes » par ses adversaires. « Je n'ai pas réussi à convaincre que le changement était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire », a-t-elle regretté, dénonçant au passage des « attaques en dessous de la ceinture ».

Sa déroute marque un nouvel échec à Paris pour la droite et le bloc central, notamment pour Emmanuel Macron, soutien notoire de la candidate. Un cadre du PS parisien analyse : « Après vingt-cinq ans de gauche, la droite aurait dû gagner, c'est la règle de l'alternance. Mais elle a choisi une mauvaise tête de liste, clivante, cernée par les affaires. » Boris Vallaud, présent à la Rotonde, ajoutait : « Ce soir, c'est le candidat sérieux, solide, clair qui gagne. »

L'émotion et les symboles d'une victoire

Ému aux larmes en coulisses à l'issue de son discours, Emmanuel Grégoire a rejoint l'Hôtel de ville à vélo, dans une mise en scène très conforme à l'image que la gauche veut défendre de la vie quotidienne dans la capitale. Il y a retrouvé Anne Hidalgo, son ex-patronne, qui l'a accueilli chaleureusement, mettant ainsi fin à deux années de querelles internes. La soirée a également été marquée par la présence de Bertrand Delanoë, maire de Paris de 2001 à 2014, dont Emmanuel Grégoire se réclame volontiers.

Né en Seine-Saint-Denis, fils d'une institutrice et d'un fonctionnaire engagé au Parti communiste, le futur maire de Paris a des racines régionales : il a passé son adolescence près de Jonzac, puis étudié à Sciences Po Bordeaux. Ce parcours personnel semble avoir résonné avec les électeurs parisiens, qui ont plébiscité son profil sérieux et solide.

Cette victoire écrasante d'Emmanuel Grégoire redessine le paysage politique parisien et envoie un signal fort à l'ensemble de la gauche française, tout en soulignant les difficultés persistantes de la droite à s'imposer dans la capitale.

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