Municipales à Bordeaux : Pierre Hurmic mise sur la continuité avec une liste renouvelée
À vingt jours du premier tour des élections municipales des 15 et 22 mars, le maire de Bordeaux sortant, Pierre Hurmic, a officiellement dévoilé ce lundi 23 février la composition de sa liste, qu'il présente comme « faite pour gagner ». Cette annonce intervient dans un contexte électoral tendu, où le renouvellement affiché cache en réalité une forte continuité avec l'équipe actuellement au pouvoir.
Un renouvellement affiché mais des piliers maintenus
Pierre Hurmic affirme que sa liste est renouvelée à plus de 60 % par rapport à l'équipe qui gouverne la mairie depuis 2020. Cependant, une analyse détaillée révèle que les poids lourds du mandat en cours occupent des positions stratégiques. Sur les 22 premiers noms, correspondant au premier tiers de la liste qui compte 66 colistiers au total, on retrouve pas moins de 17 élus sortants.
La garde rapprochée du maire est ainsi largement reconduite, avec quasiment tous les adjoints au maire conservant leur place : Claudine Bichet (finances), Mathieu Hazouard (sports), Stéphane Pfeiffer (urbanisme), Didier Jeanjean (nature en ville), Fannie Le Boulanger (petite enfance), Marc Etcheverry (sécurité), Brigitte Bloch (tourisme), Olivier Escots (accessibilité) et Harmonie Lecerf-Meunier (social).
La société civile sous-représentée dans les premières places
Dans ce même premier tiers de liste, seulement quatre représentants de la société civile sont présents, dont une seule véritable nouvelle recrue : l'avocate Alice Mounier-Estay. Les trois autres sont des élus du premier mandat déjà en place. Pierre Hurmic justifie cette composition en soulignant que « l'équipe sortante a un bon bilan, il est normal que, pour partie, elle soit sur la liste ».
Le maire sortant compare sa liste à « un subtil assemblage », évoquant une métaphore vinicole pour décrire l'équilibre entre expérience et nouveauté. « Ne pas reprendre ces sortants aurait privé la ville de compétences et de talents. On garde les valeurs sûres, des gens d'expérience, et on ajoute des primo-arrivants », précise-t-il.
Un reflet des accords politiques
La liste reflète également les équilibres politiques négociés entre les différents partis de la majorité sortante. Les Écologistes, parti de Pierre Hurmic, obtiennent 17 places, le Parti socialiste 12, le Parti communiste français 3, tandis que Place publique, Génération(s), Nouvelle Donne et L'Après se partagent une place chacun.
« Faire une liste est toujours quelque chose de difficile », reconnaît Pierre Hurmic, soulignant que la continuité revendiquée dans le programme présenté début février se retrouve naturellement dans le choix des colistiers.
Des nouveaux venus au profil engagé
Parmi les nouvelles figures, on note l'arrivée de Romain Dostes (Les Écologistes), vice-président du Conseil départemental de la Gironde, présenté comme une figure de la génération montante à gauche, et de Naïma Charaï, directrice de l'Association pour l'accueil des femmes en difficulté, ancienne conseillère régionale et coprésidente du groupe Génération(s).
La liste comprend globalement plus de profils politiques ou engagés de longue date que de complets novices. Isabel Barradas, attachée culturelle au consulat du Portugal et présidente du Comité Sousa Mendes, déclare : « Cette liste correspond aux causes pour lesquelles je me bats, la diversité, l'inclusion, un Bordeaux pour tous sans distinction de race, religion ou nationalité ».
Une vision de transformation pour Bordeaux
Florence Lamarque, consultante encartée PS et ancienne présidente nationale des Samu sociaux, explique : « Notre liste d'union et de gouvernement ressemble au Bordeaux d'aujourd'hui, avec des gens investis dans le monde associatif, sur le terrain. Personnellement, j'ai une expérience auprès des gens vulnérables que je veux élargir à tous ».
Marie-Charlotte Latour, nouvelle en politique mais encartée Les Écologistes et venant du cabinet du maire comme conseillère au médico-social, exprime sa motivation : « Je voudrais travailler sur la proximité autour des 30 quartiers de vie, faire de Bordeaux un rempart contre la montée des haines. Il faut transformer Bordeaux, continuer, accélérer ».
À côté de ces profils marquants, les « colistiers lambda » apparaissent finalement moins nombreux, avec des personnalités comme l'avocat Sylvain Galinat, le proviseur adjoint Hugues Kitten ou le restaurateur Valentin Vareille complétant une liste qui se veut à l'image d'une ville en mutation.



