Municipales 2026 : le débat sur les alliances droite-extrême droite relancé à Bourg-en-Bresse
Benoît de Boysson, candidat de la liste Bourg ambition pour le parti Reconquête !, a collé ses premières affiches de campagne à Bourg-en-Bresse, dans l'Ain, ce 7 février 2026. Sa liste est composée avec plusieurs personnalités locales issues des Républicains (LR), marquant une collaboration inédite en vue du scrutin municipal.
Le spectre de Dreux 1983 plane sur les négociations
Il y a deux mois à peine, un proche d'Éric Ciotti, président de l'Union des droites pour la République (UDR), évoquait un « front républicain inversé contre la gauche », en référence au « tonnerre de Dreux » de 1983. Cet épisode historique fut la première alliance de second tour entre la droite et l'extrême droite pour battre la gauche lors d'une élection municipale partielle.
« Ça va arriver, des maires de sous-préfecture, LR, divers droite, qui veulent s'entendre entre les deux tours. Ils sont déjà nombreux à vouloir dealer », affirmait cette source, suggérant que le siège parisien de LR aurait du mal à contenir cette dynamique.
Le RN conditionne les alliances à la menace de l'extrême gauche
Au Rassemblement national (RN), on laisse entendre que seules des circonstances spécifiques pourraient conduire à des rapprochements. Jordan Bardella, le 7 février sur BFM-TV, a déclaré : « Je ne suis pas fermé à ce qu'il y ait des discussions sur de potentielles listes d'union ou listes de rassemblement au second tour, s'il y a un danger de voir l'extrême gauche s'emparer d'un certain nombre de municipalités. »
Cette position conditionnelle ravive les interrogations sur l'évolution des stratégies électorales à droite. Les élections municipales de 2026 pourraient-elles devenir le théâtre d'un rapprochement entre la droite traditionnelle et l'extrême droite, comme le laissent entrevoir les déclarations récentes ?
L'initiative de Benoît de Boysson à Bourg-en-Bresse, alliant Reconquête ! et des LR locaux, illustre déjà les recompositions en cours. Elle pose la question de savoir si ces alliances resteront locales ou gagneront une ampleur nationale, dans un contexte où la gauche insoumise représente une menace perçue par certains acteurs politiques.
Les prochaines semaines seront cruciales pour observer si ces discussions se concrétisent, notamment dans les villes où la gauche pourrait l'emporter. Le débat sur l'héritage de Dreux et les nouvelles configurations politiques s'annonce ainsi au cœur de la campagne des municipales 2026.



