Mattarella clôt sa visite d'État à Monaco par un discours politique
Mattarella clôt sa visite d'État à Monaco

Le Président italien Sergio Mattarella a conclu, ce samedi 3 octobre, sa visite d'État inédite à Monaco par une visite du Musée océanographique, guidé par le prince Albert II, et un discours politique affirmant une « totale convergence » avec la Principauté sur les valeurs de paix, de liberté, d'égalité et de dignité pour tous les États.

Cette visite, la première d'un chef d'État italien en Principauté, a été marquée par l'expression d'une estime mutuelle entre les deux hommes. Mattarella a déclaré : « Je suis vraiment très heureux d'avoir effectué cette visite d'État, 70 ans après la visite historique du prince Rainier III et de la princesse Grace à Rome. Je tenais absolument à le faire et je remercie Son Altesse de nous avoir invités. »

Un discours politique au Musée océanographique

Après une visite du temple de la mer, le Président italien a prononcé son discours le plus politique de ces deux jours. Il a souligné « la profondeur des liens qui attachent la principauté de Monaco et l'Italie » et a évoqué les discussions menées : « Nous avons rappelé notre conviction commune quant à l'importance du multilatéralisme pour bien gérer la vie internationale. Nous avons également abordé les problèmes internationaux actuels, en enregistrant une totale convergence autour des valeurs de paix, de liberté, d'égalité, de dignité pour tous les États, de respect de l'État de droit et des droits de l'Homme. »

Le prince Albert II a salué une présence « riche de significations » et a rappelé que près de 20 % de la population monégasque est d'origine italienne, soit la deuxième communauté étrangère du pays. Il a également évoqué des sujets de coopération concrets, notamment « l'accord relatif aux services aériens, qui est en discussion depuis de nombreuses années et viendra prochainement j'espère moderniser l'accord bilatéral de 1989 » et « la question de l'accès des résidents de la région Ligure aux soins médicaux dispensés en Principauté ».

Des dossiers relancés en 2025

Ces sujets avaient été dépoussiérés en mai 2025, lors de la réactivation de la Commission de coopération administrative italo-monégasque, alors en veille depuis dix ans. Parmi les priorités figurent l'organisation d'un Forum économique conjoint, la lutte contre la criminalité financière, une entente entre la Guardia di Finanza et la Sûreté publique monégasque, la reconnaissance des permis de conduire monégasques en Italie, l'élargissement de la prise en charge des soins pour les résidents italiens de Ligurie, ainsi que des questions de sécurité sociale et d'éducation, notamment la valorisation de l'apprentissage de l'italien à l'école.

Le Président italien, dont le rôle est essentiellement de représentation, revient à Rome avec des priorités à faire avancer, mais il appartient au gouvernement italien et aux autorités compétentes de négocier ces dossiers. Sa longue carrière politique lui permet parfois de donner des impulsions diplomatiques.

Le cinquantenaire de l'accord RAMOGE

Le prince Albert II s'est réjoui de l'accord de vues sur la préservation de l'environnement et des milieux marins. Mattarella a qualifié le Musée océanographique d'« institution d'une valeur scientifique et culturelle inestimable » et a salué le cinquantenaire de l'accord Ramoge, signé entre Saint-Raphaël, Monaco et Gênes, comme « une entente exemplaire pour préserver la Méditerranée afin qu'elle reste une mer d'union et de paix ». Cet accord, fondé par Monaco, la France et l'Italie, a permis d'éviter une catastrophe environnementale en Méditerranée en 2018.

La visite s'achève ainsi sur une note de coopération renforcée, avec des engagements concrets à venir sur les services aériens, la santé et l'environnement.