Hongrie : Péter Magyar exige la démission du président Sulyok, proche d'Orbán
Le conservateur Péter Magyar, futur Premier ministre de Hongrie, a publiquement exigé la démission du président de la République, Tamas Sulyok. Ce dernier est considéré comme un proche allié du Premier ministre sortant Viktor Orbán, dont le parti a dirigé le pays pendant seize ans.
Une accusation d'indignité et de manquement à la loi
Devant les médias, à la sortie du palais présidentiel, Magyar a déclaré : « Je lui ai répété que, à mes yeux et aux yeux du peuple hongrois, il est indigne d’incarner l’unité de la nation hongroise, incapable de veiller au respect de la loi ». Cette déclaration forte souligne la tension politique croissante dans le pays après les récentes élections législatives.
Menace de modification constitutionnelle
Péter Magyar a précisé que si Tamas Sulyok ne démissionnait pas volontairement, son gouvernement projette de modifier la Loi fondamentale hongroise pour le démettre de ses fonctions. Il a ajouté que cette mesure viserait également « toutes les marionnettes nommées par le système Orbán à des postes clés », indiquant une volonté de purge au sein des institutions.
Contexte électoral et majorité parlementaire
Le parti Tisza, mené par Magyar, a largement remporté les élections législatives avec 53,06 % des voix, devançant nettement le Fidesz de Viktor Orbán. Cette victoire confère à Magyar une écrasante majorité au Parlement, avec 138 sièges sur 199, lui offrant une base solide pour mettre en œuvre ses réformes.
Convocation de l'assemblée nationale
Conformément à la Constitution hongroise, le président Sulyok doit convoquer début mai l'assemblée nationale issue des élections de dimanche. Péter Magyar a indiqué que « la séance constitutive de l’Assemblée nationale pourrait avoir lieu au plus tôt le 4 mai, après le long week-end du 1er mai. Mais les dates les plus probables sont les 6 ou 7 mai ». Cette étape marquera le début officiel de son mandat de Premier ministre.
Cette situation illustre les profondes divisions politiques en Hongrie, où le nouveau pouvoir conservateur cherche à rompre avec l'héritage d'Orbán, tout en affrontant les résistances institutionnelles. Les prochains jours seront cruciaux pour l'avenir de la démocratie hongroise et la stabilité de ses institutions.



