Macron refuse toute opération française dans le détroit d'Ormuz, un camouflet pour Trump
Macron refuse toute opération dans le détroit d'Ormuz

La France refuse catégoriquement de s'engager dans le détroit d'Ormuz

Ce mardi, le président français Emmanuel Macron a déclaré qu'il était hors de question pour la France de participer à des opérations de sécurisation du détroit d'Ormuz. Cette position ferme constitue un camouflet pour le président américain Donald Trump, qui se trouve dans une impasse stratégique selon les analyses.

Un aveu de faiblesse américain

Didier Billon, spécialiste du Moyen-Orient et directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), analyse la situation : « Oui, très clairement, c'est un aveu de faiblesse ». Après avoir lancé une offensive contre l'Iran sans concertation préalable, Donald Trump se retrouve aujourd'hui à demander l'aide de ses alliés pour débloquer le détroit stratégique.

Le spécialiste explique : « Après ces deux semaines et demi de bombardements intensifs contre l'Iran et le Liban, le régime des mollahs est toujours en place. Le blocage du détroit d'Ormuz montre que Donald Trump s'est lancé dans une aventure qu'il ne contrôle visiblement pas ».

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La position française analysée

La France a rejoint le Japon, l'Australie, l'Allemagne et le Royaume-Uni dans son refus d'assister les États-Unis. Pourquoi cette réponse tardive ? Didier Billon répond : « La France n'avait aucun intérêt à se fourvoyer dans cette opération militaire maritime. Le retard à répondre prouve la désorientation de la politique extérieure française sur ce dossier ».

Il ajoute : « Dès le premier jour d'offensive, le 28 février, le président français a adopté une posture ambiguë. Je souhaitais que la France réponde dans les meilleurs délais avec un 'non' catégorique. Que Trump se débrouille ! Il a déjà fait suffisamment de dégâts ».

Les risques opérationnels considérables

Donald Trump imaginait une escorte internationale des navires pétroliers et gaziers. Mais cette proposition semble irréaliste selon l'expert : « La zone de navigation n'est pas très large et très peu profonde. Ce qui me préoccupe le plus, c'est la concentration dans cette bande maritime étroite de navires de plusieurs milliers de tonnes ».

Il met en garde : « Il peut y avoir un incident involontaire avec des conséquences immédiates désastreuses. Ce serait une escalade absolument pas maîtrisée ». La méconnaissance de la réalité géographique et topographique du terrain apparaît comme un problème majeur.

Les demandes improbables de Trump

Le président américain a même réclamé le soutien de Pékin. Didier Billon commente : « Cela prouve une nouvelle fois que Donald Trump a quelques difficultés à concevoir le minimum de codes de la vie diplomatique internationale. Les dirigeants chinois ne répondront jamais positivement ».

Les menaces contre l'Otan et leurs conséquences

Comme à son habitude, Trump a assorti sa demande d'aide d'un chantage, menaçant « l'avenir de l'Otan ». L'expert analyse : « Donald Trump pourrait décider de ne plus verser la part financière des États-Unis à l'Otan. Dans ce cas-là, ce serait la mort pure et simple de l'Otan ».

Cette situation soulève une question fondamentale : « On peut se demander s'il n'est pas opportun de construire une Europe de la défense. À titre personnel, je pense que l'on pourrait très bien vivre sans l'Otan ». Mais il faudrait mettre en œuvre un système de sécurité collectif dont les paramètres restent à définir.

La réaction de Trump

Donald Trump a qualifié ce mardi d'« erreur vraiment stupide » le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux États-Unis. Il a déclaré : « J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci était un grand test ».

Le président américain a toutefois reconnu que les États-Unis « aimeraient avoir un peu d'aide » pour détecter des mines dans le détroit. Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance transatlantique, il est resté vague : « Je n'ai rien de précis en tête », tout en ajoutant que c'était « certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir ».

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