Albert II à Strasbourg : le multilatéralisme, « un trésor à protéger »
Albert II : « le multilatéralisme est un trésor à protéger »

Le prince Albert II a prononcé un discours remarqué jeudi 1er octobre à Strasbourg, à la tribune du Conseil de l'Europe, où il a défendu le multilatéralisme comme un « trésor qu'il nous faut protéger ». Cette intervention s'inscrivait dans le cadre de la présidence monégasque du Comité des ministres, que Monaco assume depuis le 15 mai. Le Souverain a souligné l'importance de la coopération entre États européens, rappelant que « les grands enjeux qui traversent nos sociétés, et les menaces qu'elles affrontent, doivent être abordés collectivement ».

Une journée marathon pour le Souverain à Strasbourg

Le prince Albert II a vécu une journée chargée ce jeudi 1er octobre. Dès son arrivée, il a été accueilli par Petra Bayr, présidente de l'assemblée parlementaire, avant de signer le livre d'or du Conseil de l'Europe. Il s'est ensuite entretenu avec Alain Berset, secrétaire général de l'organisation, qui lui a présenté les documents historiques de la création du Conseil de l'Europe en 1949. Les deux responsables ont exprimé leur satisfaction quant à l'avancée de la présidence monégasque et la qualité du travail accompli.

À 12 h 36, le Souverain est monté à la tribune de l'hémicycle européen, où se tient la Session d'automne de l'assemblée parlementaire. Il a rappelé l'engagement de Monaco depuis son adhésion au Conseil de l'Europe le 5 octobre 2004, soulignant que « les petits États ont un rôle particulier à jouer dans la construction de l'Europe et dans les équilibres du monde ». Il a également insisté sur « l'impérieuse nécessité de défendre le multilatéralisme et de prouver son utilité face aux crises de notre monde ».

Un soutien ferme à l'Ukraine et aux valeurs communes

Le prince Albert II a évoqué l'agression russe contre l'Ukraine, la qualifiant de « violation flagrante du droit international ». Il a rappelé que la Principauté a soutenu « toutes les initiatives exigeant le retrait des forces russes et réaffirmant l'intégrité territoriale de l'Ukraine », et a adopté de nombreuses mesures restrictives alignées sur celles de l'Union européenne. Le Conseil de l'Europe, sous cette présidence, a œuvré pour faire reconnaître les exactions commises en Ukraine comme des crimes pouvant donner lieu à des réparations.

Le Souverain a martelé que « les violations du droit international ne sauraient rester sans réponse », ajoutant qu'« une paix durable ne se construit ni sur la violation des principes communs, ni sur l'impunité de ceux qui les piétinent ». Il a également insisté sur la nécessité de la coopération en matière de protection de l'environnement, notant qu'« aucun État, aucune institution, aucun acteur, quelle que soit sa nature, ne peut être efficace s'il ne fédère avec lui toutes les parties prenantes ».

Une présidence saluée et un avenir tourné vers la coopération

Avant de quitter le siège du Conseil de l'Europe pour visiter la Cour européenne des Droits de l'Homme, le prince Albert II a exprimé sa satisfaction quant à la reconnaissance de la présidence monégasque. Il a félicité Isabelle Berro-Amadeï, l'ambassadeur Gabriel Revel et toutes les équipes impliquées, affirmant que « nous avons pu démontrer qu'un petit État comme la Principauté, qui a les mêmes valeurs que le Conseil de l'Europe, peut assumer une présidence de très belle façon ». Il a conclu en réaffirmant que « notre avenir ne peut se construire ni dans l'isolement, ni dans le rapport de force, mais dans la responsabilité, dans la coopération et dans le respect des règles que nous nous sommes collectivement données ».