L'USS Gerald R. Ford contraint à une escale technique en Crète
Le porte-avions USS Gerald R. Ford (CVN-78), le plus grand au monde avec ses 337 mètres de long, va faire cap vers la Crète pour résoudre une série de problèmes survenus à bord. Actuellement déployé en mer Rouge pour soutenir la guerre contre l'Iran, ce bâtiment militaire de la marine américaine navigue depuis près de neuf mois consécutifs, une durée exceptionnelle qui pèse sur son équipage et ses installations.
Un incendie majeur et des conditions de vie dégradées
En pleine opération militaire, l'USS Gerald R. Ford a été victime d'un important incendie "non lié au combat" qui s'est déclenché dans sa buanderie principale. Le brasier a nécessité plus de 30 heures pour être maîtrisé et a provoqué près de 200 blessés parmi les marins, dont un a dû être évacué par hélicoptère. Conséquence directe, plus de 600 membres d'équipage ont perdu leur couchette et dorment désormais par terre ou sur des tables, selon des médias américains.
Cette situation exacerbe le moral déjà au plus bas d'un équipage de plus de 4 000 marins, poussé à bout par un déploiement prolongé sous haute tension. Le sénateur américain Mark Warner, vice-président de la commission sénatoriale du renseignement, a dénoncé dans un communiqué : "Le Ford et son équipage ont été poussés à bout après près d'un an en mer, et ils paient le prix des décisions militaires imprudentes du président Donald Trump".
Des problèmes sanitaires récurrents et coûteux
Les difficultés ne se limitent pas à l'incendie. Le porte-avions souffre d'importants problèmes avec ses installations sanitaires, notamment un système de toilettes sujet à des "bouchages inattendus et fréquents", comme le relevait déjà un rapport du Government Accountability Office (GAO) en 2020. Récemment, un problème d'évacuation des eaux usées a bouché 600 toilettes, créant de longues files d'attente et des conditions d'hygiène précaires.
La marine américaine a reconnu ces difficultés, précisant que chaque intervention pour déboucher les canalisations coûte plus de 340 000 euros et nécessite des rinçages à l'acide réguliers. Le commandement a toutefois assuré que les incidents étaient "rapidement traités par du personnel qualifié en matière de résolution de problèmes et d'ingénierie, avec une période d'indisponibilité minimale".
Un déploiement record et un relais prévu
Si l'USS Gerald R. Ford reste en mer au-delà de la mi-avril, il dépasserait le record de déploiement d'un porte-avions américain depuis la guerre du Vietnam, établi en 2020 par l'USS Abraham Lincoln. Cette "performance" suscite des critiques, d'autant que le retrait du navire pour maintenance va laisser un vide temporaire dans les forces américaines stationnées au Moyen-Orient.
Le porte-avions, capable d'embarquer plus de 75 aéronefs militaires dont des F-18 Super Hornet, a participé activement aux frappes contre l'Iran depuis son arrivée en mer Rouge. Un responsable militaire cité par le New York Times indique que son absence sera rapidement comblée par l'USS George HW Bush, qui se prépare à être déployé dans la région.
Cette escale technique en Crète souligne les défis logistiques et humains des déploiements prolongés, même pour les navires les plus modernes de la flotte américaine.



