Trump saisit une fenêtre d'opportunité pour frapper l'Iran, mais l'après-guerre reste flou
Trump frappe l'Iran : une opportunité saisie, un avenir incertain

Trump passe à l'action contre l'Iran après des années d'hésitations

Surnommé « Taco » par ses adversaires pour ses revirements fréquents, Donald Trump a cette fois surpris en agissant avec une détermination sans faille. Informé de la présence conjointe de l'ayatollah Ali Khamenei et d'une quarantaine de dignitaires du régime iranien à une réunion cruciale prévue le 28 février au matin, le président américain a saisi cette fenêtre d'opportunité unique.

Une opération minutieusement préparée par le Mossad

Comme le révèle le Financial Times, les services de renseignement israéliens jouèrent un rôle décisif. Le Mossad, ayant pris le contrôle des caméras de surveillance de Téhéran depuis plusieurs années, avait enrichi son système d'algorithmes sophistiqués capables d'identifier et de pister spécifiquement les gardes du corps et les chauffeurs des responsables iraniens. Lorsque ces véhicules convergèrent vers l'immeuble du quartier Pasteur ce samedi matin, les Israéliens les suivirent en temps réel.

Il ne fallut que quinze minutes entre le feu vert donné par l'état-major de Tsahal aux aviateurs israéliens et l'impact des missiles. En moins d'une minute, le centre du pouvoir iranien fut réduit à un monceau de ruines, emportant avec lui le chef suprême du pays et l'essentiel de sa direction.

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Une guerre qui s'étend bien au-delà des prévisions

Mais l'Iran n'est pas le Venezuela. Le régime dictatorial en place depuis 1979 dispose d'un solide répondant et de partisans déterminés. Depuis le début des hostilités, le conflit s'est progressivement étendu à tous les pays du Golfe, y compris l'Arabie saoudite et Oman, pourtant intermédiaire dans les négociations avec les Américains. Les frappes du Hezbollah au Liban ont également accru la dangerosité de la situation pour Israël.

Tous ces éléments annoncent une guerre beaucoup plus longue et complexe que celle qu'avait probablement anticipée Donald Trump. La décision d'intervenir militairement semble moins motivée par la menace de missiles à longue portée – dont l'existence reste douteuse – que par cette opportunité unique d'éradiquer d'un seul coup l'ensemble des responsables du régime.

L'impasse des négociations et l'option militaire

Steve Witkoff et Jared Kushner, en charge des pourparlers avec les Iraniens depuis plusieurs jours, avaient averti le président qu'aucun accord sur le renoncement à l'arme nucléaire n'était envisageable. « Ils sont pire que Poutine », aurait déclaré le gendre du président, laissant l'élimination du régime comme la seule option restante.

Dans sa première déclaration après les frappes, Donald Trump a exhorté le peuple iranien à « saisir cette chance extraordinaire » de prendre son destin en main. Cependant, après les répressions sanglantes des manifestations des 8 et 9 janvier par les pasdarans, une certaine prudence prévaut probablement parmi ceux qui aspirent à la fin du régime.

L'absence criante de stratégie pour l'après-guerre

Il est frappant de constater que ni Israël ni les États-Unis n'ont semblé chercher à construire, avec l'opposition clandestine iranienne, une résistance organisée sur le modèle de celle soutenue par les Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale. Aucun parachutage d'armes, d'explosifs ou d'instructeurs n'a été signalé, laissant les pasdarans, malgré la disparition de leurs chefs, comme le seul véritable rempart du régime.

Lors de sa rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Donald Trump a clairement manifesté son manque de solutions pour l'avenir de l'Iran. Après avoir initialement espéré un soulèvement populaire, le président américain n'exclut plus l'idée d'une transition assurée par des personnalités du régime jugées plus acceptables. Mais il nuance aussitôt : « Le pire serait que nous mettions en place des gens aussi détestables que ceux qui étaient là et que nous nous en apercevions dans cinq ans. » Il ajoute, amer, que beaucoup de ceux sur qui ils auraient pu compter ont péri dans les bombardements.

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Un conflit aux conséquences imprévisibles

Tous les stratèges militaires le répètent : il ne faut jamais engager une guerre sans un but politique clair, pour être prêt lorsque les armes se tairont. Donald Trump, réputé pour son impulsivité, semble avoir négligé ce principe fondamental. Lui qui se vantait, en janvier 2025, de vouloir « seulement finir des guerres et ne jamais les commencer », se trouve désormais embarqué dans un conflit dont la durée et l'issue restent totalement imprévisibles.

Comme l'a résumé avec réalisme le chancelier Friedrich Merz en quittant la Maison-Blanche : « Le gouvernement américain ne semble pas avoir une idée précise et clairement formulée de ce que pourrait être le futur gouvernement civil de l'Iran. » Une observation qui résume l'inquiétante incertitude planant sur l'après-guerre et la stabilité future de toute la région.