L'armée russe recrute dans les universités avec primes et menaces
Russie recrute étudiants avec primes et menaces

L'armée russe recrute dans les universités avec primes et menaces

"Qui vous a fait peur ? Qui va nous protéger ?" Ces questions résonnent dans les amphithéâtres russes où l'armée cherche désespérément à renforcer ses rangs. Le journal Moscow Times révèle que les forces armées russes ont franchi les portes des universités, exerçant des pressions croissantes sur les étudiants depuis janvier.

Des doyennes déçues et des pressions institutionnelles

"Êtes-vous tous des lâches, assis là à craindre pour votre vie ?" tonne une doyenne d'université, déçue que ses "enfants" ne soient pas "les premiers à partir défendre leur patrie". Ces interventions ne sont pas isolées mais s'inscrivent dans une campagne systématique alors que les forces russes peinent à avancer en Ukraine et que les pourparlers de paix sont au point mort.

Des compensations financières substantielles

Pour attirer les jeunes, l'armée russe propose des packages financiers impressionnants selon les informations de Reuters :

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  • Un salaire de 5,5 millions de roubles (près de 60 000 euros) la première année
  • Une prime unique de 2,5 millions de roubles (environ 27 000 euros) après formation
  • Une allocation mensuelle de 240 000 roubles (2 600 euros)
  • Une prime universitaire de 200 000 roubles (2 100 euros)

Des cibles spécifiques : les étudiants techniques

Ces nouvelles recrues sont destinées à un rôle précis : faire tourner les unités de drones combattant en Ukraine. Le Kremlin cible donc particulièrement les étudiants inscrits en filières techniques comme l'ingénierie ou l'aéronautique, selon des documents consultés par Reuters.

L'implication active des universités

Les établissements d'enseignement supérieur soutiennent activement ces pratiques. L'Université d'État de génie civil de Moscou présente les postes de contrôle des drones comme une opportunité sur son site Internet. À Saint-Pétersbourg, un établissement promet une rémunération atteignant sept millions de roubles (75 000 euros).

L'Université de Vladivostok offre pour un an d'engagement :

  1. Un congé académique renouvelable
  2. Une exonération des frais de scolarité
  3. Un accès à un logement gratuit et à des bourses
  4. La prise en charge des équipements militaires nécessaires

"Il ne s'agit pas seulement d'une occasion de faire vos preuves, mais aussi d'une plateforme unique pour votre épanouissement social et votre avancement professionnel", peut-on lire sur le site de l'école.

Des quotas imposés et des méthodes coercitives

Selon le Moscow Times, l'armée russe imposerait même des quotas de recrutement aux établissements : 32 à Vladivostok, 200 à l'université des sciences humaines de Moscou.

Ces campagnes sont organisées pendant les examens d'hiver pour repérer les étudiants en difficulté scolaire, explique Ivan Chuviliaev, porte-parole de l'ONG Idite Lesom qui lutte contre la conscription. Les étudiants sont convoqués à des réunions avec des représentants militaires et encouragés à signer des contrats. En cas de refus, l'université menace : "Nous vous renverrons pour mauvais résultats si vous ne signez pas."

Une recherche de soldats qualifiés malgré les déclarations officielles

Pourtant, le Kremlin assure ne pas avoir de difficultés de recrutement. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, affirme que plus de 400 000 personnes se sont engagées en 2025, dont 80 000 depuis le début de l'année.

Ce ciblage des étudiants suggère cependant que l'armée russe recherche spécifiquement des soldats qualifiés capables de piloter ses drones, qui jouent un rôle de plus en plus central dans cette guerre. Malgré leur travail à distance de la ligne de front, ces opérateurs de drones ne sont pas à l'abri des dangers : considérés comme des cibles de grande valeur, ils sont traqués et éliminés.

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