Un appel pressant pour une Europe de la défense renforcée
Les nations européennes doivent impérativement assumer la responsabilité de leur propre sécurité. C'est le message ferme qu'Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l'Otan de 2009 à 2014, a délivré avec insistance à Paris. Il s'exprimait dans le cadre du Paris Defence and Strategy Forum, un événement majeur organisé du mardi 24 au jeudi 26 mars par l'Académie de défense de l'Ecole militaire, en partenariat avec le magazine L'Express.
Un forum international pour des enjeux cruciaux
Cette rencontre a rassemblé de nombreux dirigeants et experts internationaux autour des questions de sécurité et de stratégie. Parmi eux, l'ancien premier ministre danois a défendu avec conviction deux priorités fondamentales à ses yeux : le soutien indéfectible à l'Ukraine et la construction d'une Europe de la défense solide et autonome. Il a toutefois précisé que cette autonomie devait se construire en coopération étroite avec les États-Unis, et non en opposition.
Des engagements financiers concrets et un changement de mentalité
Dans un entretien accordé à L'Express, Anders Fogh Rasmussen a rappelé un engagement crucial pris par les membres de l'Alliance atlantique en juin dernier : porter leurs dépenses de défense à 5 % de leur produit intérieur brut (PIB). Selon lui, cette augmentation est une nécessité absolue pour faire face aux défis géopolitiques actuels.
Face à l'imprévisibilité croissante de la politique étrangère américaine, l'ancien dirigeant de l'Otan estime que les Européens doivent également opérer un profond changement d'état d'esprit. Il les exhorte à s'adapter à la nouvelle donne, incarnée par la philosophie de l'ancien président Donald Trump, et à pratiquer une diplomatie "transactionnelle", plus pragmatique et axée sur des intérêts concrets.
L'autonomie stratégique au cœur des débats
Le thème de l'autonomie stratégique européenne a traversé l'ensemble des discussions du forum, alors que l'allié américain apparaît de moins en moins prévisible. Interrogé par L'Express sur la manière d'accueillir cette évolution, Anders Fogh Rasmussen a réaffirmé que la construction d'une capacité de défense européenne crédible n'était pas une option, mais une impérieuse nécessité pour garantir la sécurité et la souveraineté du continent dans un monde de plus en plus instable.



