Pentagone : 3 scénarios pour frapper l'Iran, dont le détroit d'Ormuz
Pentagone : 3 scénarios pour frapper l'Iran

Pentagone : Trois scénarios stratégiques pour frapper l'Iran

Alors que les États-Unis envisagent d'envoyer 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, le Pentagone a identifié trois options stratégiques pour mettre fin au conflit avec l'Iran. Ces scénarios, révélés par le média américain Axios, visent à "porter un coup de grâce" au régime iranien alors que les tensions persistent dans la région.

1. Bloquer l'île de Kharg, cœur pétrolier de l'Iran

La première option cible l'île de Kharg, une bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes. Cette île abrite le plus grand terminal pétrolier de l'Iran, assurant environ 90% des exportations de brut du pays selon une note récente de la banque américaine JPMorgan.

L'île de Kharg a déjà été la cible mi-mars de ce que le président Donald Trump a qualifié d'"un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient". Bien que les infrastructures industrielles aient été épargnées, Kharg reste "une pierre angulaire de l'économie iranienne" selon JPMorgan.

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Cette option consisterait à envahir ou bloquer l'île, bien que l'expert Farzin Nadimi estime qu'il serait "très difficile" de mener une opération militaire sur ce territoire entièrement recouvert d'infrastructures pétrolières. La Maison-Blanche affirme pour sa part que l'armée américaine peut "neutraliser Kharg n'importe quand" si le président en donne l'ordre.

2. Frapper le "péage de Téhéran" sur l'île de Larak

La deuxième option stratégique concerne l'île de Larak, située à l'est de l'île de Qeshm et au sud de l'île d'Ormuz. Cette petite île occupe une position particulièrement stratégique à l'endroit le plus étroit du détroit d'Ormuz.

Larak est devenue ces derniers jours le "péage de Téhéran" selon la société de données maritime Lloyd's List Intelligence. Les gardiens de la révolution ont mis en place un système d'enregistrement de "navires approuvés" qui doivent verser un montant important pour emprunter cette route maritime.

L'Iran occupe également trois îlots stratégiques en plein milieu du Golfe :

  • La Petite Tumb
  • La Grande Tumb
  • Abou Moussa

Sur ces îlots, Téhéran a installé des contingents de la force maritime des gardiens de la révolution et déployé en 2025 de nouveaux systèmes de missiles capables de cibler les "bases, navires et équipements ennemis" à proximité.

Selon Pierre Razoux, directeur de recherche du centre FMES, si ces îlots étaient "contrôlés par les États-Unis, cela empêcherait les Iraniens de les utiliser à des fins offensives contre le trafic maritime".

3. S'emparer du détroit d'Ormuz, artère vitale du pétrole mondial

La troisième option sur la table du Pentagone consiste à bloquer ou saisir les navires exportant du pétrole iranien sur la rive orientale du détroit d'Ormuz. Cette voie maritime cruciale est pratiquement paralysée par la guerre au Moyen-Orient.

En temps de paix, environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par ce passage stratégique. Le contrôle du détroit d'Ormuz représenterait donc un levier économique majeur contre l'Iran.

D'autres sources évoquent également la possibilité que l'armée américaine frappe ou s'empare des sites d'uranium enrichi en Iran comme :

  1. Natanz
  2. Ispahan
  3. Fordo

Ces sites avaient déjà été ciblés par les États-Unis en juin 2025.

Contexte diplomatique tendu

Alors que Donald Trump a annoncé repousser son ultimatum sur les frappes sur les centrales énergétiques jusqu'au 6 avril et a appelé aux négociations, l'Iran, par la voix de son chef de la diplomatie Abbas Araghchi, a affirmé vouloir "continuer à résister".

Le président américain avait qualifié les 28 jours de guerre meurtrière au Moyen-Orient de "petit détour" qui "finirait bientôt", minimisant ainsi un conflit qui déstabilise l'économie mondiale.

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Selon le Wall Street Journal et Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Cependant, les sources militaires citées par Axios précisent que Donald Trump n'a pris "aucune décision" concernant la mise en œuvre de ces scénarios, et qu'une opération terrestre reste pour le moment "hypothétique".