La Marine française intercepte un pétrolier suspect en Méditerranée occidentale
La Marine nationale a procédé à l'arraisonnement d'un pétrolier suspect vendredi 20 mars en Méditerranée occidentale. Selon le président Emmanuel Macron, ce navire appartenait à la flotte fantôme russe, un réseau maritime clandestin permettant à Moscou de poursuivre ses exportations pétrolières malgré les sanctions occidentales imposées depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Un navire sous pavillon mozambicain suspect
Le cargo pétrolier Deyna, arborant un pavillon mozambicain, avait quitté le port russe de Mourmansk et était suivi depuis plusieurs jours par les autorités maritimes. Les soupçons concernant la régularité de son pavillon se sont confirmés lors de l'examen approfondi des documents à bord, comme l'a indiqué la préfecture maritime de la Méditerranée dans un communiqué officiel.
La préfecture a précisé qu'un signalement avait été transmis au procureur de la République de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime, conformément aux procédures judiciaires françaises. L'opération d'interception a été menée en coordination avec les alliés de la France, notamment le Royaume-Uni qui a participé activement au suivi du bâtiment suspect.
Emmanuel Macron dénonce des "profiteurs de guerre"
Dans un message publié sur la plateforme X, le président de la République a fermement condamné ces pratiques : "Ces navires, qui contournent les sanctions internationales et violent le droit de la mer, sont des profiteurs de guerre. Ils cherchent à engranger des profits et à financer l'effort de guerre russe."
Le chef de l'État a également réaffirmé l'engagement de la France : "Nous gardons le cap. La guerre en Iran ne détournera pas la France du soutien à l'Ukraine où la guerre d'agression de la Russie se poursuit."
Une procédure conforme au droit international
Conformément aux dispositions du droit international et sur demande expresse du procureur, le pétrolier Deyna a été escorté jusqu'à un point d'ancrage désigné pour y subir une inspection plus approfondie. Cette procédure rigoureuse vise à établir avec certitude les infractions potentielles et les liens du navire avec le réseau de la flotte fantôme russe.
La Russie, soumise à des sanctions internationales croissantes, n'a pas immédiatement commenté cette interception. Par le passé, Moscou a qualifié d'actes de piraterie toute saisie de ses pétroliers ou de navires transportant des cargaisons russes.
Troisième interception française en quelques mois
Cette opération marque la troisième interception de ce type par les forces françaises au cours des derniers mois :
- En janvier dernier, la France avait arraisonné le pétrolier Grinch entre les côtes sud de l'Espagne et nord du Maroc
- En octobre précédent, la Marine nationale avait intercepté un autre pétrolier au large des côtes bretonnes
- Début mars, la marine française avait également prêté main-forte à la Belgique lors d'une opération similaire
Tous ces navires étaient soupçonnés d'appartenir à la flotte fantôme russe ou de transporter des cargaisons pétrolières en violation des sanctions européennes. Ces interventions successives démontrent la détermination des autorités françaises et européennes à lutter contre les contournements des sanctions internationales et à soutenir l'Ukraine dans son combat contre l'agression russe.



