Major Chemin : 40 ans de Légion, mémoire vivante du 1er Reg
Major Chemin : mémoire du 1er Reg après 40 ans

Plus de 40 années au service de la Légion étrangère : le major Chemin incarne la mémoire vivante du 1er Régiment étranger de génie (1er Reg) à Laudun-l'Ardoise. À 61 ans, ce légionnaire retraité continue de veiller sur l'histoire du régiment en tant que responsable du patrimoine et des archives.

Un parcours exceptionnel

Engagé à 18 ans, ce Normand aux yeux bleus a choisi le 6e Reg, dernier-né des régiments de la Légion à l'époque, qui deviendra le 1er Reg le 1er juillet 1999. De trois compagnies à ses débuts, le régiment en compte aujourd'hui huit. Le major Chemin a gravi les échelons rapidement : caporal à 19 ans, sous-officier en 1988. Il a servi au 3e REI avant de retrouver le 6e Reg, enchaînant les missions en Centrafrique, Guyane, Tchad, Cambodge, Kosovo, Djibouti, Bosnie-Herzégovine et Afghanistan.

Le drame afghan

Spécialiste en déminage depuis 2000, le major Chemin a été grièvement blessé en Afghanistan en 2010. Un obus d'artillerie chinois lui a arraché la main et un éclat a traversé sa cuisse. Évacué vers l'hôpital américain puis à Percy, il a subi une amputation de la main et, plus tard, de la jambe. Malgré ces épreuves, il a poursuivi sa carrière dans la branche administrative de la Légion, effectuant un séjour en Polynésie.

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Le gardien de la mémoire

Depuis trois ans, le major Chemin est civil de la défense, officier de tradition par suppléance et responsable du patrimoine. Il accueille jeunes affectés, classes Défense, officiers et élus dans la salle d'Honneur du 1er Reg, leur racontant l'histoire de la Légion et la sienne. "Je suis un peu le père Fouras du 1er Reg ! J'ai vu grandir le régiment, et il m'a vu grandir", lance-t-il avec son franc-parler.

Honneurs et distinctions

En 2021, le général Burkhard l'a fait officier de la Légion d'honneur, une distinction rare pour un sous-officier. Autre reconnaissance : il a été garde drapeau pour le 14 juillet à Paris. "La Légion, c'est ma vie. Je côtoie encore des camarades qui étaient avec moi quand j'avais 18 ans", confie-t-il.

Un engagement sans faille

Le major Chemin a sauvé la vie de deux militaires au Cambodge en 1992, bravant un champ de mines pendant trois quarts d'heure. Il a également été marqué par la guerre en Bosnie-Herzégovine, où des enfants ont été tués sous ses yeux. Depuis, il interdisait à ses hommes de côtoyer la population pour ne pas la mettre en danger. "Il faut vraiment remercier les médecins et les infirmières. Nous, les blessés de guerre, on s'en sort, on se reconstruit grâce à eux", souligne-t-il.

Son seul regret : n'avoir pas vu grandir ses enfants. "Entre deux missions, quand elle était petite, ma fille ne me reconnaissait pas", se souvient-il. Pourtant, il ne regrette rien : "J'aurais pu partir après des missions. Mais je changeais tout le temps, c'est ce qui m'a fait rester."

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