Les bunkers souterrains iraniens, une stratégie qui pourrait se retourner contre Téhéran
Les bunkers iraniens, une possible faiblesse stratégique

Les bunkers souterrains iraniens, une stratégie qui pourrait se retourner contre Téhéran

Depuis des décennies, l'Iran a massivement développé la construction de bunkers souterrains pour protéger son impressionnant arsenal de missiles. Cependant, cette stratégie de défense pourrait paradoxalement se transformer en une vulnérabilité majeure pour le régime de Téhéran, selon les analyses récentes du Wall Street Journal. Moins d'une semaine après le début du conflit au Moyen-Orient, ces installations commencent à apparaître comme une possible faiblesse stratégique.

Des infrastructures souterraines massives

L'Iran dispose de l'un des plus vastes arsenaux de missiles de la région, avec plus de 3 000 missiles balistiques estimés en 2022 par le Commandement central américain. Selon plusieurs analystes militaires, la quasi-totalité des dizaines de bases iraniennes seraient souterraines. Ces infrastructures, souvent creusées dans les montagnes et dissimulées sur l'ensemble du territoire, sont désignées par les responsables iraniens comme des villes missiles.

Des images satellites révèlent les restes de plusieurs missiles et lanceurs iraniens détruits lors de frappes américano-israéliennes, fréquemment à proximité des entrées de ces installations souterraines. En mars 2025, une vidéo de propagande montrait l'inauguration de l'une de ces bases, avec des commandants supérieurs parcourant de longs couloirs sans fenêtres bordés de camions transportant des missiles, sans toutefois préciser son emplacement exact.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une localisation suivie de près

La localisation de ces villes missiles est surveillée depuis plusieurs années par l'armée américaine. Les bunkers peuvent être repérés grâce aux bâtiments, routes et entrées visibles en surface sur les images satellites. Ces installations figurent parmi les priorités des services de renseignement américains, qui les étudient de près tout en les redoutant.

Selon le Wall Street Journal, des avions de combat et des drones armés américains et israéliens survolent régulièrement ces dizaines de bases, frappant les lanceurs de missiles dès qu'ils sortent pour tirer. Parallèlement, des bombardiers lourds ont mené des frappes massives sur ces sites, contribuant à enfouir davantage certaines armes iraniennes sous terre.

Des frappes ciblées et leurs conséquences

Les frappes occidentales ont particulièrement visé des infrastructures stratégiques iraniennes. L'armée israélienne a annoncé qu'une cible attaquée dans la région de Tabriz était une base appartenant à une unité de missiles balistiques iranienne, d'où des dizaines de missiles devaient être lancés vers Israël. Des images satellites ont montré l'effondrement de certains tunnels de cette installation.

Parmi les sites les plus importants ciblés figure celui de Khorramabad, dans la province du Lorestan, qui sert de base de stockage et de lancement pour des missiles sol-sol et de croisière, notamment le Shahab-3. Cette installation avait déjà été visée par des frappes israéliennes en juin dernier.

Le déplacement des missiles et la diminution des tirs

Face à la révélation partielle de leurs cachettes, Téhéran aurait déplacé une portion de ses missiles et de ses lanceurs mobiles hors des bunkers avant le début du conflit, espérant les protéger par la dispersion sur le territoire. Selon l'amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, les États-Unis et Israël affirment avoir détruit des centaines de missiles, lanceurs et drones.

Les autorités militaires américaines ont indiqué que les tirs de missiles iraniens avaient diminué de 86 % en quatre jours, témoignant de l'efficacité des frappes occidentales contre ces infrastructures.

Le risque de transformation en tombes

L'analyste militaire Guillermo Pulido, cité par El País, prévient que si Israël et les États-Unis parviennent à endommager les entrées et sorties facilement identifiables de ces installations souterraines, ou les ouvertures par lesquelles les projectiles sont lancés, ces villes missiles pourraient se transformer en tombes.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Dans ce scénario, les missiles deviendraient incapables de décoller, tandis que les camions équipés de lanceurs mobiles resteraient bloqués à l'intérieur des bases. Ces infrastructures, conçues pour protéger les arsenaux iraniens, pourraient ainsi paradoxalement limiter leur capacité opérationnelle et affaiblir considérablement la riposte militaire de Téhéran.

Les bunkers souterrains, autrefois considérés comme un atout stratégique majeur, pourraient donc devenir le point faible de la défense iranienne face à la pression militaire occidentale.