Le général Desportes alerte sur l'impréparation des armées européennes face à la menace russe grandissante
Lors d'un échange sur le plateau de l'émission On vous en dit +, le général Vincent Desportes, ancien directeur de l'école de guerre et auteur de La guerre probable, a analysé les enseignements du conflit ukrainien. Selon cet expert militaire, quatre ans après l'invasion russe, les armées européennes ne sont « pas prêtes à faire une guerre de haute intensité face à l'armée russe ».
Une armée russe qui a tiré les leçons du conflit
Le général souligne que l'armée de Poutine « a beaucoup appris parce qu'on apprend la guerre dans la guerre et nous, nous étions à côté ». Cette expérience directe du terrain confère à Moscou un avantage stratégique significatif, tandis que les forces européennes restent en retrait, selon ses observations.
L'Europe orpheline du parapluie américain
D'après Vincent Desportes, le principal défi réside dans la coordination européenne. « Les armées européennes ensemble ne trouvent leur cohérence qu'avec les moyens que les Américains apportaient à l'OTAN », explique-t-il. Avec l'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis, « le parapluie américain s'est refermé brutalement ».
L'expert identifie deux nécessités urgentes pour pallier cette situation :
- Renforcer chaque armée nationale de manière individuelle
- Créer une structure de commandement européenne autonome, notamment en matière de renseignement et de planification opérationnelle
La préparation psychologique de la société française
Interrogé sur la préparation psychologique des Français face à cette menace, le général estime que la société « comprend petit à petit que la guerre est redevenue à notre horizon ». Il mise sur le patriotisme français pour faire face à cette éventualité, citant l'exemple des attentats de 2015 où les citoyens « se sont rassemblés devant les postes de recrutement ».
Cette prise de conscience progressive doit s'accompagner d'une mobilisation collective et d'une volonté politique forte pour renforcer les capacités défensives du continent, selon l'analyse du général Desportes.



