La France quitte définitivement sa base historique au Tchad après un siècle de présence militaire
Fin de la présence militaire française historique au Tchad

La fin d'une ère militaire française au Tchad

Le président français Emmanuel Macron a reçu son homologue tchadien Mahamat Idriss Déby à l'Élysée à Paris le 29 janvier 2026, dans un contexte marqué par un profond changement stratégique. Sur la base aérienne du sergent-chef Adji-Kosseï, dans la zone militaire de l'aéroport de N'Djamena, seuls quelques vestiges témoignent désormais de l'ancienne présence française.

Une transformation radicale du paysage militaire

En cette mi-février ensoleillée, le paysage a radicalement changé. Un équipage russe et des soldats tchadiens font tranquillement débarquer des passagers d'un avion de transport de troupes. Plus loin sur le tarmac, des hommes en treillis s'activent entre deux hélicoptères militaires arborant la cocarde bleue, jaune et rouge du Tchad. Cette vaste emprise, qui fut pendant des décennies l'une des principales bases permanentes de l'armée française en Afrique, a connu une métamorphose complète.

Cette base servait historiquement de plaque tournante pour les opérations extérieures françaises sur le continent africain. Elle a notamment supporté l'opération "Barkhane", déployée à travers cinq pays du Sahel entre 2014 et 2024. Aujourd'hui, seuls quelques symboles écaillés de cette époque subsistent, comme un vieil emblème de l'opération qui peine à résister aux éléments sur un mur.

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La fin d'un dispositif militaire centenaire

Le dispositif militaire français au Tchad, imposé initialement en 1900 par une expédition coloniale et maintenu malgré l'indépendance du pays en 1960, a pris fin définitivement le 30 janvier 2025. Ce jour-là, le dernier contingent des quelque 1 000 soldats français jusqu'alors basés dans le pays a quitté le territoire tchadien dans la discrétion la plus totale.

Ce retrait s'est effectué après que la France a été brusquement sommée de rapatrier ses troupes par le président Mahamat Idriss Déby. Cette décision marque un tournant historique dans les relations franco-tchadiennes et plus largement dans la posture militaire française en Afrique. La base d'Adji-Kosseï, autrefois cœur névralgique des opérations françaises au Sahel, est désormais sous contrôle exclusif des autorités tchadiennes, avec une présence russe notable.

Un changement géostratégique majeur

Cette évolution s'inscrit dans un contexte régional plus large de redéfinition des alliances et des présences militaires étrangères en Afrique. La transformation de la base d'Adji-Kosseï symbolise cette recomposition des équilibres stratégiques, où les anciennes puissances coloniales voient leur influence contestée par de nouveaux acteurs internationaux.

Le retrait français intervient après plus d'un siècle de présence militaire continue, marquant la fin d'une époque et ouvrant une nouvelle phase dans les relations entre Paris et N'Djamena. Cette base qui fut si longtemps un symbole de l'influence française en Afrique centrale et sahélienne est désormais le théâtre d'une coopération militaire différente, reflétant les nouvelles réalités géopolitiques du continent.

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