Un piratage informatique perturbe les travaux du conseil municipal de Saint-Denis-d’Oléron
La séance du conseil municipal de Saint-Denis-d’Oléron, tenue le 19 février, a débuté par une annonce choc : la commune a été victime d’un piratage informatique ciblant le logiciel de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP). Cette cyberattaque a eu des conséquences immédiates sur l’ordre du jour, entraînant le report de la présentation des documents d’orientation budgétaire et, par voie de conséquence, l’annulation du vote des comptes financiers pour l’exercice 2025. Ces points cruciaux ont été renvoyés à une prochaine session du conseil.
Des décisions adoptées malgré les perturbations
Malgré ce contretemps majeur, la première partie de la séance a permis l’adoption de plusieurs délibérations. Parmi les mesures validées figure le déclassement de la RD 734 sur une portion de 440 mètres. Cette décision technique est essentielle car elle ouvre la voie à la réalisation d’une piste cyclable dont l’achèvement est prévu avant la saison estivale 2026. Par ailleurs, plusieurs conventions, notamment celles concernant les navettes estivales et le petit train touristique, ont été reconduites sans débat, témoignant d’un consensus sur ces services.
Des débats animés sur des dossiers sensibles
La seconde partie de la séance a été marquée par des échanges vifs et des reports supplémentaires. Le vote sur les tarifs des logements saisonniers et leur règlement intérieur a ainsi été ajourné, rejoignant le sort des comptes financiers uniques et de l’affectation des résultats et budgets 2026. Ces reports successifs illustrent les difficultés administratives engendrées par le piratage.
Le débat s’est particulièrement enflammé autour du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Des conseillers municipaux ont déploré un manque de communication, empêchant de nombreux administrés de prendre connaissance du projet. Deux points spécifiques ont cristallisé les tensions, suscitant l’ire de conseillers au-delà des clivages politiques habituels :
- Les modalités de location des futurs logements saisonniers : Les conditions générales et le règlement intérieur proposés ont été qualifiés de « incomplets, incohérents et non conformes », nécessitant un réexamen approfondi.
- L’octroi d’une licence IV pour la future guinguette : Les élus ont pointé du doigt le non-respect des formalités administratives, notamment l’absence de passage obligatoire devant la Direction de l’immobilier de l’État. Un conseiller a même alerté sur un risque de contentieux pour favoritisme, soulignant la gravité de l’omission.
Une vente foncière qui fait polémique
Parmi les informations diverses abordées en fin de séance, l’annonce de la vente à un tiers privé du terrain de l’ancienne entreprise du bâtiment Charles a provoqué une vive réaction. Le conseiller Nicolas Ceccaldi s’est insurgé contre cette décision, la qualifiant d’« incroyable perte d’opportunité ». Il a rappelé que les terrains constructibles sont extrêmement rares sur le territoire communal et que cette vente prive la collectivité de la possibilité de se constituer une réserve foncière stratégique pour l’avenir.
Ce conseil municipal de Saint-Denis-d’Oléron restera donc dans les annales comme une séance tronquée par la cybercriminalité, mais aussi comme le reflet des tensions et des enjeux locaux en matière d’urbanisme, de logement et de gestion du patrimoine communal.



