Municipales 2026 à Millau : un débat électrique sur sécurité, environnement et dette
Municipales 2026 à Millau : débat électrique sur sécurité et dette

Municipales 2026 à Millau : un débat électrique révélant des visions antagonistes

Le 3 mars 2026, près de 500 personnes se sont rassemblées à la Maison du Peuple de Millau pour assister au grand débat organisé par Midi Libre et le Journal de Millau. Les trois candidats à la mairie, Emmanuelle Gazel (sortante), Christophe Saint-Pierre (ancien maire) et Dalila Belaid-Artis (Alternative de gauche), ont confronté leurs projets durant plus de deux heures d'échanges parfois tendus.

Mixité sociale et aménagement urbain : trois approches distinctes

Dalila Belaid-Artis a exprimé ses regrets concernant la bétonisation du quartier de la Capelle et la désertification du centre-ville. Elle propose la création d'une régie publique du commerce pour revitaliser l'hyper-centre, avec une ambition de mixité sociale et générationnelle. "Il faudrait pouvoir accéder à des logements neufs pour des personnes aux revenus modestes", a-t-elle insisté.

Emmanuelle Gazel a mis en avant la rénovation de 350 logements et l'instauration d'un permis de louer pour lutter contre l'habitat indigne. Elle s'est félicitée de la restructuration du quartier des Sablons avec un îlot de fraîcheur, tout en critiquant le projet de résidence seniors de Christophe Saint-Pierre à l'Ayrolle, jugé trop onéreux.

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Christophe Saint-Pierre a plaidé pour une végétalisation accrue des aménagements pour lutter contre le réchauffement climatique. Il a souligné la nécessité de ne pas négliger les quartiers périphériques, où certains logements datent des années 1970, tout en travaillant sur l'habitat insalubre et la rénovation énergétique.

Sécurité : caméras, armement et prévention

Emmanuelle Gazel a confirmé l'installation imminente de quatre nouvelles caméras de vidéoprotection, avec l'objectif d'un déport vers la police nationale pour une surveillance 24h/24. Elle justifie cette mesure par la stabilité des chiffres de délinquance, attribuée aux actions de prévention et au travail du CLSPD.

Christophe Saint-Pierre souhaite étendre la vidéoprotection et dédier un agent municipal à sa surveillance. Il envisage également l'armement des policiers municipaux pour leur sécurité, notamment lors de contrôles routiers. "Je veux renforcer leurs moyens de défense de façon très claire", a-t-il déclaré.

Dalila Belaid-Artis s'oppose fermement à un contrôle permanent de la population via les caméras. Elle relativise l'insécurité à Millau et dénonce l'argent dépensé en surveillance au détriment d'autres priorités, comme la préservation de l'hôpital psychiatrique.

Le dossier Cyclamen : un vif affrontement

Dalila Belaid-Artis a vivement contesté l'installation de l'entreprise Cyclamen, évoquant des risques environnementaux et sanitaires. Elle cite des taux de métaux élevés dans les eaux usées et des problèmes similaires observés en Moselle. "C'est comme Tchernobyl, ça ne s'arrête pas à la limite de l'entreprise", a-t-elle affirmé.

Emmanuelle Gazel a défendu le projet, soulignant que Cyclamen recycle les déchets et évite leur enfouissement. Elle a demandé le renforcement des contrôles et propose l'installation d'une borne Atmo, financée par l'entreprise. "Jamais je ne mettrai dans la balance des emplois contre de la pollution", a-t-elle martelé.

Christophe Saint-Pierre a exprimé des réserves sur les ambiguïtés du projet, notamment sa localisation près de zones agricoles biologiques et de la future cuisine centrale. Il questionne les tonnages traités et les impacts potentiels.

Fiscalité et dette : taxation versus rigueur budgétaire

Dalila Belaid-Artis prône une fiscalité redistributive, avec taxation des revenus des plateformes comme Airbnb et remunicipalisation de l'eau. Elle assume la dette comme un levier nécessaire pour l'investissement public.

Emmanuelle Gazel met en avant la rigueur budgétaire, soulignant l'absence d'augmentation d'impôts malgré l'inflation. Elle priorise la maîtrise des dépenses et l'optimisation des ressources, comme la mutualisation des services.

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Christophe Saint-Pierre alerte sur la baisse des dotations de l'État et défend une fiscalité dissuasive (taxe sur les logements vacants) tout en rejetant la taxe de séjour. Il plaide pour un séquençage des investissements pour éviter une dette excessive.

Mobilités et adaptation climatique

Les candidats s'accordent sur le développement des mobilités douces mais divergent sur les méthodes. Emmanuelle Gazel vante la gratuité des bus, Christophe Saint-Pierre insiste sur une approche globale sans opposer les usagers, et Dalila Belaid-Artis imagine un hypercentre piétonnisé.

Face aux risques climatiques, Emmanuelle Gazel propose végétalisation et îlots de fraîcheur, Christophe Saint-Pierre se concentre sur la prévention des inondations et feux de forêt, et Dalila Belaid-Artis prône l'autosuffisance alimentaire via une agriculture bio non lucrative.

Ce débat a révélé des divergences profondes entre les trois candidats, illustrant les choix cruciaux qui attendent les Millavois pour les six prochaines années. La tradition locale d'alternance politique à chaque élection municipale ajoute un enjeu supplémentaire à cette campagne déjà électrique.